Conseil des droits de l'homme : nombre d'États renvoient la Syrie à ses responsabilités

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Le Conseil des droits de l’homme a tenu, à la mi-journée, un débat interactif avec la commission internationale indépendante d’enquête sur la République arabe syrienne, dont le Président, M. Paulo Sérgio Pinheiro, a présenté le rapport le plus récent.

Créée par le Conseil des droits de l’homme à sa dix-septième session extraordinaire, la commission a pour mandat d’enquêter sur toutes les violations alléguées du droit international des droits de l’homme commises en République arabe syrienne depuis mars 2011.

Paulo Sergio Pinheiro a indiqué que les parties au conflit en Syrie mènent des hostilités au mépris total du droit international humanitaire. Les forces gouvernementales tuent, torturent et intimident tous ceux qui hébergent des membres de l’opposition. Elles assiègent les zones tenues par l’opposition, prenant au piège les civils. Les centres médicaux sont la cible de tirs qui ne font pas la distinction entre civils et belligérants; des munitions à fragmentation sont utilisées. Les groupes armés utilisent les civils comme des boucliers humains, les prenant parfois en otage. La Syrie compte aujourd’hui 4 millions de personnes déplacées. Alors que la bataille de Qousseir bat son plein, les civils devraient bénéficier d’un couloir humanitaire pour fuir les combats. «Plus il y aura d’armes, plus il y aura de blessés», a souligné M. Pinheiro. Il existe, de plus, un risque important que les armes livrées aux deux parties servent à commettre des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité ou des violations graves des droits de l’homme.

La Syrie, s’exprimant à titre de pays concerné, a par la voix de son Représentant permanent, Faisal Khabbaz Hamoui rejeté les conclusions excessives du rapport et a regretté que la commission ferme les yeux sur les exactions commises par les groupes armés, qu'il a qualifiés de Takfirs. Le diplomate a fait valoir que son pays n’aura aucune confiance dans la commission tant que celle-ci ne rapportera tous les faits. Par ailleurs, l’implication de certains va à l’encontre du droit international et de la souveraineté des peuples et entrave les efforts pour une solution pacifique.

 

Une cinquantaine de délégations ont pris la parole. La plupart ont déploré la détérioration de la situation et la poursuite des hostilités en Syrie. A l'instar du Représentant permanent de la France, Nicolas Niemtchinow, plusieurs délégations ont souligné que le conflit n’aura pas de solution militaire et que des négociations politiques doivent être entamées au plus vite afin de mettre un terme à ce conflit dramatique.

 

De nombreux États ont appelé les parties au conflit à garantir un accès libre et sans entrave à l’aide humanitaire, pour soulager les souffrances des millions de personnes réfugiées et déplacées dans le pays. D’autres délégations ont appelé le Conseil de sécurité à saisir la Cour pénale internationale, compte tenu de la gravité des atrocités commises. Il ne faut pas que les responsables de ces atrocités restent impunis, a-t-il été relevé à plusieurs reprises. Selon certaines délégations, l’implication de groupes armés non étatiques est un facteur de déstabilisation de la région. Pour d’autres, il faut cesser de fournir aux belligérants des armes qui participent à la dégradation de la situation.

Le Conseil a aussi entendu les interventions de représentant d'une dizaine d'organisations non gouvernementales.

Extraits sonores : Faisal Khabbaz Hamoui, Représentant permanent de la Syrie auprès des Nations Unies à Genève; Nicolas Niemtchinow, Représentant permanent de la France auprès des Nations Unies à Genève)

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24/07/2014
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