Assemblée générale : le rôle clef des jeunes entrepreneurs dans les efforts de développement

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A l’occasion d’une table ronde sur l’entrepreneuriat au service du développement, le Secrétaire général des Nations Unies a souligné, mercredi, devant l’Assemblée générale, la nécessité d’encourager, d’éduquer et d’autonomiser les jeunes entrepreneurs pour répondre à la crise de l’emploi.

« Nous nous trouvons actuellement au milieu d’une crise mondiale de l’emploi qui exige une réponse d’envergure. Cette année, 73 millions de jeunes seront au chômage, et entre 2016 et 2030, 425 millions de jeunes feront leur entrée sur le marché du travail, ce qui signifie que nous devrons créer un demi-milliard d’emplois d’ici là », a-t-il constaté.

L’entrepreneuriat, a indiqué Ban Ki-moon, peut être une partie de la solution à mettre en œuvre pour transformer de jeunes chômeurs en d’importants employeurs.

Le patron de l’ONU a cité l’exemple de Lorna Rutto, une jeune kényane élevée dans un bidonville qui, à l’âge de 24 ans, avait créé 500 emplois en initiant un programme de recyclage qui transforme notamment le plastique usagé en ornements. Son initiative a en outre permis d’éliminer un million de kilogrammes de déchets de l’environnement et de sauvegarder 250 hectares de forêts.

« Voilà comment nous pouvons créer l’avenir que nous voulons », s’est félicité le Secrétaire général, en indiquant que c’est en trouvant des solutions aux défis qui se posent au développement durable qu’on y arrivera, ces solutions étant créatrices d’emplois et de croissance.

Le Secrétaire général a ensuite estimé que l’entrepreneuriat est une question d’innovation, de prise de risques et doit démontrer que de nouveaux modèles d’entreprises sont capables d’apporter une solution à des problèmes qui se posent de longue date.

Ban Ki-moon a ensuite signalé que la génération actuelle de jeunes est, quantitativement, la plus importante de l’histoire. « Si nous investissons dans leur éducation et si nous les autonomisons, nous pourrons transformer le monde », a-t-il souligné, s’inquiétant par ailleurs du fait que beaucoup trop d’entre eux sont victimes de conflits ou languissent dans la pauvreté.

Le Secrétaire général a donc appelé les partenaires de développement à soutenir l’entrepreneuriat des jeunes, les emplois indépendants et les entreprises dirigées par les jeunes, tout en assurant que l’initiative du Pacte mondial continuera de mobiliser et d’appuyer les jeunes entrepreneurs.

Ban Ki-moon a aussi annoncé que le Fonds d’équipement des Nations Unies travaille actuellement avec la Fondation MasterCard pour créer « YouthStart », une initiative destinée à augmenter l’accès des jeunes à faible revenu d’Afrique subsaharienne aux services financiers.

Le Secrétaire général a ensuite appelé les États Membres à adopter cinq mesures pour donner de l’élan aux progrès accomplis à ce jour. Il a ainsi misé sur la création d’un environnement propice à l’entrepreneuriat des jeunes, le renforcement des capacités locales, les programmes d’orientation professionnelle, la facilitation de l’accès au financement et à des services financiers conçus pour les jeunes et, enfin, la formation des jeunes entrepreneurs au-delà de l’étape de la création d’entreprises.

De son côté, le Président de la soixante-septième session de l’Assemblée générale, Vuk Jeremić, a souligné le lien explicite qui existe entre le programme de développement pour l’après-2015 et l’entrepreneuriat.

Il y a un an, alors qu’ils étaient réunis à Rio pour adopter les grands principes du programme de développement pour l’après-2015, les chefs d’État et de gouvernement ont reconnu qu’ils ne seraient pas en mesure d’atteindre ces objectifs seuls, sans la contribution du secteur privé, a rappelé Vuk Jeremić.

Les entrepreneurs sont des acteurs essentiels dans le processus engagé afin de briser le cycle de la pauvreté, a remarqué le Président de l’Assemblée générale, expliquant comment ce secteur contribuait à l’autonomisation des membres de la société. La création d’entreprise est un devoir, a-t-il estimé.

Les Nations Unies ont commencé à promouvoir les partenariats public-privé, a poursuivi Vuk Jeremić, en soulignant les avantages multiples qu’offre cette option. Il a espéré que des accords seraient conclus avec les industries pour garantir la stabilité des prix des produits de base, et a notamment évoqué ceux du secteur de la pharmacie et les coûts des médicaments.

Enfin, le Président de l’Assemblée a aussi plaidé en faveur de la création de centres d’excellence en matière de technologie, suggérant que les gouvernements parrainent des consortiums public-privé dans ce domaine.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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22/12/2014
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