République centrafricaine : dégradation de la sécurité alimentaire à Ndélé et à Bambari

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Les organisations humanitaires sont toujours préoccupées par l’insécurité en République centrafricaine (RCA) malgré des améliorations à Bangui au cours des derniers jours, en particulier en ce qui concerne le pillage. Selon le dernier rapport de situation du Bureau de la coordination humanitaire datée du 3 mair, l’insécurité continue à entraver l’accès humanitaire dans le pays.

Par ailleurs, des missions conjointes d’évaluation des Nations Unis à Ndélé et à Bambari rapportent que la situation humanitaire se dégrade dans les domaines de la santé, la protection, la sécurité alimentaire et l’éducation.

Concernant cette évaluation conjointe du 30 avril à Ndélé, la mission a rapporté que la situation reste volatile et imprévisible, avec la présence de groupes armés. Des cas d’arrestations arbitraires, des pillages et des violations des droits de l’homme ont été rapportés. Les activités de la CPJP, la Seleka et le Janjaweed à Ndélé constituent une source de peur pour les populations rendant les activités humanitaires et le retour potentiel des déplacés internes moins favorables. La mission a aussi constaté que la crise actuelle a aggravé les conditions déjà difficiles dans la région et exacerbé les besoins humanitaires.

Lors de cette évaluation, la sécurité alimentaire a été identifiée comme le secteur prioritaire pour l'intervention. Bien que les semences et les vivres soient disponibles sur les marchés, la population manque de ressources financières et de nombreux ménages ne peuvent pas s'acheter les produits alimentaires de base et les semences nécessaires pour sauvegarder la saison agricole.

Malgré quelques améliorations, les organismes humanitaires restent toujours préoccupés par l'insécurité. Le rapport de situation des Nations Unies note que les exactions contre les civils et les mouvements de population se poursuivent.

Plus de 49.000 réfugiés centrafricains ont été enregistrés dans les pays voisins depuis décembre, principalement en République démocratique du Congo, au Tchad, au Cameroun et en République du Congo. Un nombre substantiel de réfugiés continuent d’arriver dans ces pays. En plus de l’estimation de 173.000 déplacés depuis décembre, environ 33.000 personnes ont déjà été déplacées en RCA, augmentant le nombre total de personnes déplacées en République Centrafricaine à environ 206.000 personnes.

Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), les vivres sont disponibles sur les marchés locaux, mais la plupart de la population n’a pas de ressources financières. Des nombreux ménages ne peuvent s'approvisionner en denrées alimentaires de base. Les stocks de nourriture sont épuisés et les habitants ont besoin de semences pour la saison agricole actuelle. Les écoles restent toujours fermées.

En réponse aux besoins identifiés, 42.000 personnes à Bangui, Bambari et Kabo, recevront une aide alimentaire. Les distributions ont commencé le 25 avril dans l’hôpital communautaire de Bangui. A la date du 1er mai, environ 2.900 personnes (dont 78% de femmes) ont déjà reçu une ration alimentaire. Le PAM continue la distribution pour atteindre environ 7.000 personnes vivant avec le VIH, les enfants malnutris, les femmes enceintes et allaitantes avec un total d’environ 7350 tonnes de vivres.

Au sujet du financement, l'ONU n'a reçu jusqu'ici que 23% sur l'appel de fonds de 129 millions de dollars américains lancé pour 2013 afin d'aider 646 000 personnes.

(Extrait sonore : Vanessa Huguenin, porte-parole d'OCHA à Genève ; propos recueillis par Alpha Diallo)

Classé sous L'info.
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31/07/2014
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