RDCongo: plus de 30.000 déplacés ont fui leurs camps en raison des combats dans l’Est

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Des Congolais fuyant Rutshuru pour se réfugier à Goma (Photo d’archives: MONUSCO/S. Liechti).

Plus de 30.000 personnes ont fui leur camp de déplacés près de Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo, en raison des combats entre l’armée et la rébellion Mouvement du 23 mars. Selon le Haut-commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), les environs de Mugunga III, un camp de déplacés qui regroupe plus de 15 000 personnes, sont régulièrement touchés par les tirs depuis le début de cette semaine. Hier mercredi, c’était le quartier périphérique de Ndosho, dans la banlieue de Goma, qui était touché.

Selon le HCR, « le camp de déplacés de Mugunga I, qui compte 55.000 déplacés, s’est vidé à 45% et celui de Mugunga III, où 13.000 personnes sont recensées, s’est vidé à 70% ». La population fuit vers Goma et Sake et pour les humanitaires, les déplacés fuient de façon préventive, craignant une escalade.

Des échanges de tirs avec de l’artillerie lourde, de colline à colline, se sont en effet multipliés sans qu’il soit possible pour l’instant pour les humanitaires d’en évaluer précisément le nombre. Selon le bulletin d'information daté du 20 mai 2013 du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU, de nouveaux affrontements opposent depuis lundi 20 mai l'Armée congolaise (FARDC) et le M23 à environ 10 km au nord-ouest de Goma dans la localité de Mutaho (Territoire de Nyiragongo). Il s'agit des premiers affrontements entre ces deux belligérants depuis les combats de novembre 2012 qui avaient mené à la prise, pendant une dizaine de jours, de Goma et au déplacement de dizaines de milliers de personnes.

Des enfants congolais devant leur tente, dans le camp de Mugunga III désormais vidé de ses occupants Photo: HCR/F.Noy).

La protection, l'abri, l'accès aux soins de santé et l'eau, hygiène et assainissement sont les principaux besoins identifiés par les humanitaires onusiens. Les vivres demeurent une vive préoccupation au cas où la situation perdurerait. En effet, une partie du commerce risque d'être paralysé si les combats continuent de bloquer l'axe Goma-Rutshuru.

Des missions conjointes –Organisation Internationale pour la Migration, OCHA et Protection civile-parcourent la ville de Goma afin d'identifier des lieux de rassemblements potentiels comprenant les infrastructures essentielles (latrines, arrivées d'eau, etc.) pour accueillir les déplacés convergeant vers la ville de Goma.

D'autres dispositions sont prises avec les organismes humanitaires afin d'assister les populations déplacées en vivres et en articles ménages essentiels. L'accès, le respect des principes humanitaires et la protection des civils demeurent une préoccupation majeure et doivent être garantis par toutes les parties aux conflits.

(Extrait sonore : Fatoumata Lejeune-Kaba, porte-parole du HCR ; propos recueillis par Alpha Diallo)

 

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30/07/2014
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