RDC et Grands Lacs : la tournée africaine de Ban Ki-moon porte ses premiers fruits

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Ban Ki-moon était en tournée dans les Grands Lacs d'Afrique la semaine dernière; une visite qui l'a conduit, entre autres, en République démocratique du Congo, en Ouganda et au Rwanda et qui s'est achevée à Addis-Abeba, ou Ban Ki-moon a participé aux cérémonies de célébration du 5oème anniversaire de l'Union africaine.

La séquence congolaise de cette visite a eu lieu les 22 et 23 mai. Ban Ki-moon a rencontré tour à tour Joseph Kabila, le Premier ministre et les présidents de deux chambres du Parlement. Le même jour dans la soirée, il s'est entretenu avec les acteurs politiques et de la société civile, avant de s'envoler pour Goma, au Nord-Kivu.

Le Secrétaire général des Nations Unies a tenu à rappeler qu'il était en RdC pour encourager la population à ne pas renoncer à l'espoir et lui faire savoir qu'elle n'est pas oubliée. De fait, il s'est rendu à Goma pour faire front au M23 et aux forces négatives.

Ban ki-moon était accompagné du Président de la Banque mondiale Jim Yong Kim en République démocratique du Congo, au Rwanda et en Ouganda. Le Président de la Banque mondiale a annoncé que son institution allait débloquer 1 milliard de dollars qui seront destinés à l’énergie, à l’agriculture, au commerce transfrontalier, à la santé et à l’emploi dans la région des Grands Lacs. Cette aide devra relancer le développement économique et contribuer à améliorer les conditions de vie des populations qui souffrent depuis bien trop longtemps.

Les rencontres de Ban ki-moon dans la région ont tourné autour de L'Accord cadre qui a été signé le 24 février à Addis-Abeba. L'objectif était de continuer de solicitor le soutien des acteurs régionaux. Au Rwanda par exemple, Ban Ki-Moon a demandé à Paul Kagame, « d'user de son charisme politique pour la paix, la sécurité et le développement dans la région des Grands Lacs ».

L'Accord-cadre, censé restaurer la paix dans la région, interdit aux pays signataires de soutenir les groupes armés actifs dans l'Est de la RDC. Mais le passage de Ban ki-moon en RDC et au Rwanda n'a pas été que diplomatique. Ban ki-moon s'est dit « consterné », par ce qu'il a vu à l'hôpital Health Africa de Goma qu'il a visité jeudi dernier et au mémorial de génocide à Kigali.

À Addis-Abeba à l'occasion de la commémoration du 50ème anniversaire de l'Union africaine, Ban Ki-moon a rendu Hommage aux efforts du Continent vers l'Union. À cette nouvelle génération de leaders africains qui fait entrer les rêves des pères fondateurs dans le XXIème siècle, à une démocratie qui s'enracine, à des économies qui se développent. Il a mis l'accent toutefois sur les problèmes qui perdurent : « trop de mères africaines qui meurent encore en donnant la vie et trop de jeunes qui restent sans éducation ou sans travail; surtout trop de familles africaines qui sont en proie à l'insécurité et à la violence sexuelle ».

Ban Ki-moon a passé en revue ces problèmes, avant de souligner qu'il voyait une Afrique qui s'éveille et qui est prête à relever les défis.

Enfin, une première réunion de suivi de l'Accord-cadre sur la paix, la sécurité et le développement en République démocratique du Congo et la région des Grands Lacs s'est tenue à Addis-Abeba sous la houlette de Ban Ki-moon et de la Présidente de la Commission de l'Union africaine, Nkosazana Dlamini-Zuma.

Le Secrétaire général des Nations Unies s'est dit heureux d’apprendre que le Président Kabila avait mis en place un mécanisme national de supervision de l’Accord-cadre, et qu’il allait personnellement en superviser le travail.

Mise en perspective de Maha Faysk ; propos recueillis par Jean-Pierre Amisi Ramazani.

 

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15/12/2017
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