RD Congo : le combat des humanitaires dans le « triangle de la mort »

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Des déplacés fuyant Mutabi après des combats entre miliciens mayi-mayi et l'armée gouvernementale (Photo d'archives : OCHA/S. N. Mudingayi)

La situation sécuritaire dans le « triangle de la mort », en République démocratique du Congo (RDC), demeure précaire. Le « triangle de la mort » se situe dans la moitié nord de la province du Katanga, il est formé par les localités de Manono, Mitwaba et Pweto. Le Programme alimentaire mondial (PAM) est donc préoccupé par la détérioration de la situation humanitaire, en raison des fréquentes incursions des éléments Mayi-Mayi qui continuent de provoquer des déplacements de population au Katanga.

Selon l’ONU, depuis le regain d’activité des Mayi-Mayi de Kyungu Mutanga, alias « Gédéon », et les Mayi-Mayi Kata-Katanga, le nombre de déplacés a explosé. « Une augmentation de 452 pour cent a été notée de la fin 2011 à mars 2013, soit 55.400 déplacés depuis janvier dernier. En fin mars, les humanitaires estimaient à près de 354.000 le nombre de déplacés dans le Katanga.

Dans ces conditions, le PAM a pu venir en aide à près de 66.255 bénéficiaires et a distribué 1150 tonnes de vivres à Pweto. Malgré l'insécurité et les mauvaises conditions des routes, le PAM a réussi atteindre 250.000 personnes déplacées du « Triangle de la mort », avec une ration mensuelle distribuée d'avril 2012 à avril 2013.

Autre source de préoccupation pour les humanitaires, l'accès qui est rendu plus complexe par l'importance de l'étendue des régions affectées mais aussi par l'insécurité et la mauvaise condition des routes. Par exemple, pour atteindre Pweto, il faudrait envoyer une mission de Lubumbashi car la route entre Kalemie et Pweto est impraticable. Pour se rendre à Pweto de Lubumbashi il faudrait passer en Zambie et le trajet prendrait deux jours entiers.

En conclusion, le PAM a besoin 28,9 millions de dollars pour financer ses opérations en RDC et venir en aide à trois millions de bénéficiaires. Cet argent permettrait de stocker des vivres dans son pipeline pour les six prochains mois.

(Extrait sonore : Elisabeth Byrs, porte-parole du PAM à Genève ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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17/04/2014
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