Nigéria : Navi Pillay réclame une enquête impartiale sur les tueries de Baga

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Dégâts causés par la milice Boko Haram au quartier général de la police de Kano (photo d'archives : IRIN / A. Abubakar)

L'ONU réclame la mise en place d'une enquête «impartiale et indépendante » sur les tueries de Baga. Le Haut Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme invite donc les autorités nigérianes à diligenter dans les meilleurs délais cette enquête approfondie pour faire la lumière sur le bain de sang de Baga, dans l'Etat de Borno.

Près de 200 personnes ont été tuées et 77 blessées au cours de violents affrontements entre des islamistes et l’armée, dans cette localité du nord-est du Nigeria. Plus de 2.000 maisons ont été également endommagées.

Ces attaques avaient éclaté dans la nuit du 16 au 17 avril dernier dans le village isolé de Baga, dans l’Etat de Borno, une région où est basé le groupe islamiste nigérian Boko Haram, responsable d’attaques sanglantes dans le nord et le centre du pays depuis 2009. Il s’agit du bilan le plus lourd en un jour, depuis le début en 2009 de cette insurrection. Les évènements de Baga – village de pêcheurs – font écho à l'attaque la plus meurtrière de Boko Haram qui avait fait, en janvier 2012, au moins 185 morts, à Kano, dans le nord du pays, majoritairement musulman, contrairement au sud, principalement chrétien.

« Le Haut Commissariat est donc préoccupé par la situation face aux nombreuses personnes qui sont mortes ces dernières semaines et face aux destructions massives de maisons ainsi que des déplacements de populations au nord-est du Nigeria », fait remarquer sa porte-parole, Cécile Pouilly.

Dans ces conditions, les services de Navi Pillay invitent Abuja à « faire la lumière sur les responsabilités des uns et des autres, indépendamment de l'appartenance ou non de ces personnes aux forces armées ».  Selon Cécile Pouilly, l'usage disproportionné de la force ne peut conduire qu'à une dégradation de la situation. C'est pourquoi, le Haut Commissariat plaide pour que justice soit rendu aux victimes.

Par ailleurs, le Haut Commissariat s'est réjoui de l'appel du président nigérian qui a ordonné l'ouverture d'une enquête pour faire la lumière sur ces affrontements. Goodluck Jonathan avait notamment promis que les auteurs d'exactions seraient punis.

Concernant l'établissement d'un comité pour ouvrir un dialogue avec Boko Haram et pour établir des modalités d'une amnistie, le Haut Commissariat rappelle qu'il « faut un message de réconciliation » mais aussi de la fermeté dans la lutte contre l'impunité. « Il faut éviter qu'il y ait des amnisties pour des crimes graves car les auteurs de violations graves de droits humains ne devraient jamais bénéficier d'une amnistie ». « Il est important que justice soit rendue pour les victimes », conclut Cécile Pouilly.

(Interview : Cécile Pouilly, porte-parole du Haut Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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21/08/2014
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