Lutte contre la traite des êtres humains : des progrès, mais peut mieux faire

Écouter /

Des victimes de la traite

L'Assemblée générale des Nations Unies a commencé lundi matin, à New York, un débat de haut niveau afin d'évaluer le Plan d'action mondial pour combattre la traite des êtres humains. Le Président de l'Assemblée générale, Vuk Jeremic, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon et le Directeur exécutif de l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC), Yuri Fedotov, ont rendu hommage aux conséquences positives observées depuis l'adoption du Plan, en juillet2010. Yuri Fedotov a ainsi indiqué que désormais 83% des pays se sont dotés de législations adéquates pour combattre le fléau de la traite.

Parmi les contributions à ce débat marathon, on retiendra celle du Vice-Premier ministre et Ministre des affaires étrangères du Luxembourg. Jean Asselborn qui tout en rappelant les millions de personnes victimes du travail forcé et de la traite des êtres humains, en majorité des femmes et des personnes vulnérables, a souligné les progrès accomplis ces dernières années par la communauté internationale. Il a fait valoir que la réunion de haut niveau organisée aujourd'hui est une excellente occasion d'évaluer le chemin parcouru depuis juillet 2010.

Le Plan mondial de l'ONU s'inscrit dans les nombreux efforts déployés par les Nations Unies pour éradiquer le fléau, notamment le Protocole additionnel de la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée visant prévenir, à réprimer et à punir la traite des personnes, notamment des femmes et des enfants. Le chef de la diplomatie luxembourgeoise, comme beaucoup, a rappelé que l'on célèbre le dixième anniversaire de l'entrée en vigueur de ce Protocole qui a été ratifié par plus de 150 pays.

Selon l'ONU, chaque année, des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants tombent entre les mains des trafiquants, dans leur pays ou à l'étranger. Tous les pays sont concernés par ce trafic, qu'ils soient le pays d'origine, de transit ou de destination des victimes. Le Bureau international du travail recense dans le monde, 2,4 millions de personnes victimes de la traite qui sont soumises au travail forcé. D'après le BIT, les femmes et les filles représentent 80 % des victimes, et les enfants entre 15 et 20 %. La traite des enfants a lieu dans toutes les régions du monde.

De plus, l'exploitation sexuelle représente environ 80 % des cas connus. Selon les spécialistes, la traite aux fins du travail forcé est un phénomène largement sous-estimé, ou alors fait généralement l'objet de poursuites au titre d'autres infractions. Dans 30 % des pays où l'on dispose de données sur le sexe des auteurs de la traite, les personnes condamnées pour des infractions liées à la traite sont majoritairement des femmes.

Enfin, les Nations Unies estimaient, déjà en 2005, à 32 milliards de dollars les profits générés dans le monde par la traite des êtres humains. Les données relatives aux cas avérés montrent que la traite s'effectue surtout au sein d'une même région, et que la traite entre les régions, bien qu'importante, est relativement moins fréquente.

(Extrait sonore : Jean Asselborn, Vice-Premier ministre et Ministre des affaires étrangères du Luxembourg)

Le dernier journal
Le dernier journal
18/04/2014
Loading the player ...