La sécurité des journalistes au premier plan : Un entretien avec Philipe Kirdelka

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Une société informée, active et engagée est impossible sans liberté d'expression et en particulier sans liberté de la presse. « Dans un contexte où la sécurité des journalistes est assurée, les citoyens peuvent accéder plus facilement à une information de qualité et toutes sortes d'objectifs deviennent alors réalisables », explique Philippe Kridelka, Directeur du Bureau de l'UNESCO à New York, dans une interview à la Radio des Nations Unies à l'occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse célébrée ce 3 mai.

Cette année, la Journée mondiale de la liberté de la presse (JMLP) célèbre son 20ème anniversaire : c’est en 1993, en effet, qu’elle a été officiellement proclamée pour la première fois par l’Assemblée générale des Nations Unies. En tant qu’institution des Nations Unies mandatée pour défendre la liberté d’expression et son corollaire, la liberté de la presse, l’UNESCO s’emploie depuis cette date à promouvoir ces droits fondamentaux dans toutes les régions du monde.

L’Acte constitutif de l’UNESCO dispose que l’Organisation a pour mission de faciliter « le libre échange des idées et des connaissances » et « la libre circulation des idées, par le mot et par l'image ». Afin de promouvoir ces nobles objectifs, la JMLP est commémorée à travers le monde le 3 mai de chaque année par de nombreuses parties prenantes et elle s’est révélée être un instrument efficace de sensibilisation à l’importance de la liberté d’expression et de la liberté de la presse.

Mais les journalistes continuent néanmoins de payer le prix ultime dans de nombreux pays pour exercer leur métier : celui de nous informer. Ces 10 dernières années, plus de 600 journalistes ont été tués.

« Dans bien des cas, ils ne couvraient pas des situations de conflit – ils enquêtaient sur des sujets locaux de corruption », déclare Philipe Kridelka.

Neuf fois sur dix, ces crimes sont restés impunis. Plus nombreux encore sont les journalistes victimes d'intimidation et de harcèlement, de menaces de mort, de violences.

Ils sont jetés en prison, souvent sans pouvoir exercer de recours en justice.

Cette situation est inacceptable et ne doit pas durer.

C'est pourquoi, ajoute le Directeur du Bureau de l'UNESCO à New York, le Plan d'action des Nations Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l'impunité est si important.

Ce Plan d'action, lancé à l'initiative de l'UNESCO, énonce des principes, des objectifs et des mesures clairs : ils doivent être adoptés dans l'ensemble du système des Nations Unies, en coopération avec les États membres.

« Notre objectif est simple : permettre aux journalistes de faire leur travail en toute sécurité », insiste-t-il.

(Interview : Philippe Kridelka, Directeur du Bureau de l'UNESCO 'a New York ; propos recueillis par Maha Fayek)

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18/04/2014
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