Journée pour l'élimination de la fistule obstétricale : Le FNUAP interpelle le monde

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C'est au Sud que perdurent encore les sévices physiologiques et moraux engendrés par la fistule obstétricale. Le Système des Nations Unies a décidé de lui consacrer une Journée internationale dont la première est célébrée ce 23 mai.

Depuis une décennie, le FNUAP est à pied d'œuvre pour combattre ce mal sur la planète. Dix ans après, il reste encore de grands efforts à déployer pour gommer la fistule de la carte sanitaire dans le monde. Un bilan sur lequel insiste Dr Babatunde Osotimehin, Directeur exécutif du FNUAP en ces termes : « Environ 2 à 3 millions de femmes et de filles des pays en développement sont atteintes de la fistule obstétricale, affection qui a été virtuellement éliminée dans les pays industrialisés. La fistule obstétricale peut être prévenue et guérie dans la plupart des cas. Et pourtant, plus de 50.000 nouveaux cas apparaissent chaque année ». «Prévention, traitement et réinsertion sociale» sont les majeures facettes des activités déployées par le FNUAP pour combattre la fistule obstétricale depuis au moins 2003.

Mais le contexte dans lequel ses actions de lutte sont exercées est peu favorable à une rapide régression de la maladie combattue. « Les victimes de la fistule obstétricale sont des femmes et des filles, généralement pauvres, souvent analphabètes, qui n’ont qu’un accès limité aux services de santé, notamment aux soins de santé maternelle et procréative. En cette ère de mondialisation rapide où les technologies mobile et informatique ont changé radicalement les modalités de communication et révolutionné les frontières de la science et de la médecine, il est inacceptable que les femmes et les filles les plus pauvres, les plus vulnérables continuent de souffrir de ce fléau.Ces femmes et filles vulnérables sont la raison même pour laquelle l’UNFPA s’efforce de faire en sorte que chaque grossesse soit désirée, chaque naissance sans danger, et le potentiel de chaque jeune accompli », décrit avec précision M. Osotimehin.

« Lapersistance de la fistule résulte d’un déni des droits fondamentaux et reflète une violation de ces droits. Elle s’explique par les inégalités chroniques sur le plan sanitaire et les contraintes qui pèsent sur le système des soins de santé, ainsi que par des problèmes plus généraux, comme l’inégalité entre les sexes et l’inégalité socioéconomique, les mariages d’enfants et les premières grossesses trop précoces, qui sont tous de nature à ruiner la vie des femmes et des filles», dénonce encore le FNUAP. Raison pour laquelle cette Agence onusienne spécialisée s'efforce de traduire dans la réalité un Rapport du Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies daté en 2012 et intitulé : «Appuyer l’action engagée pour en finir avec la fistule obstétricale». Une étude qui appelle à une mobilisation financière de la communauté internationale pour gommer la fistule à l'échelle mondiale, tout en incitant à des actions concertées et collégiales.

(Mise en perspective sonore, Florence Westergard)

 

Classé sous Femmes et enfants, L'info, Santé.
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21/08/2014
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