Inde /viol : nouvelles lois « insuffisantes», selon une experte de l’ONU

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Rashida Manjoo, Rapporteuse spéciale sur la violence à l'égard des femmes (Photo ONU/Paulo Filgueiras)

« La possibilité de réaliser une égalité réelle, spécifique et non-discriminatoire dans la législation des droits des femmes et de protéger et prévenir toutes les formes de violence à l’encontre les femmes a été perdue », a déclaré vendredi le Rapporteur spécial sur violence contre les femmes, Rashida Manjoo, tout juste de retour d’une mission de dix jours en Inde.

 

Les lois adoptées récemment en Inde pour prévenir et sanctionner le viol sont « insuffisantes », a estimé lèexperte indépendante des Nations Unies, ajoutant qu’elles ne tenaient pas compte des inégalités systémiques entre les sexes au sein de la société indienne.

 

En janvier dernier, un rapport avait été préparé par le Comité Verma – nommé d’après l’ancien chef de la Justice Jagdish Verma Sharan, et établi au lendemain de la mort d’une jeune femme de 23 ans, dont le viol à New Delhi avait déclenché des protestations à travers tout le pays.

 

Le rapport contient une série de recommandations pionnières, que la Haute Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Navi Pillay, avait exhorté le gouvernement indien à mettre en œuvre. Si elle s’est félicitée des récentes réformes législatives adoptées, Mme Manjoo a estimé qu’elles ne reflétaient pas entièrement les recommandations du Comité Verma.

 

« J’ai constamment été de l’avis que l’échec à répondre à cette situation et à prendre des mesures de prévention découle de l’incapacité et/ou de la réticence à reconnaître et à traiter les causes structurelles fondamentales de la violence contre les femmes par le gouvernement », a-t-elle dit. « La triste réalité, c’est que les droits de nombreuses femmes en Inde continuent d’être violées en toute impunité comme si c’était la norme. »

 

Les violences à l’encontre des femmes se manifeste en Inde sous des formes diverses, qu’il s’agisse de violences domestiques, de discrimination fondée sur le système des castes, de décès liés à la dot, de chasse aux sorcières, de violences sexuelles, y compris dans le cadre des conflits, et de mariages forcés.

 

Lors de sa mission dans le pays, l’experte indépendante a rencontré les autorités gouvernementales et la société civile à New Delhi, au Rajasthan, au Gujarat et au Tamil Nadu, notamment.

 

Les experts indépendants ou Rapporteurs spéciaux sont nommés par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU afin d’examiner et lui faire rapport, en l’absence de rémunération, des thèmes spécifiques en matière de droits de l’homme. Mme Manjoo présentera ses conclusions au Conseil en juin 2014.

 

(Mise en perspectove : Cristina Silveiro)

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28/11/2014
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