Guinée-Bissau : « un pays susceptible de devenir exemplaire », selon Ramos-Horta

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Quelques semaines après avoir pris ses fonctions, le Représentant spécial du Secrétaire général pour la Guinée-Bissau, José Ramos-Horta, a présenté jeudi son premier rapport devant le Conseil de sécurité.

Pour le Représentant spécial, les élites politiques qui ont échoué pendant quarante ans et les forces armées sont responsables des problèmes du pays. Leur comportement a favorisé les violations des droits de l'homme, l'impunité, le crime organisé et le trafic de drogues.

José Ramos-Horta, a plaidé pour une présence internationale forte afin de lutter contre le trafic de drogues, soulignant que la récente arrestation de l'Amiral Bubo Na Tchuto et l'inculpation du Chef d'état-major, Antonio Indjai, ont constitué un tournant important dans cette lutte en envoyant un message fort selon lequel la communauté internationale ne tolèrera pas que le pays soit transformé en point de transit pour le trafic de stupéfiants.

Le Représentant spécial a par ailleurs souligné que le pays connait une crise profonde marquée par l'insécurité alimentaire, l'incapacité du gouvernement à payer les fonctionnaires et à fournir les services de base, ou encore les problèmes sanitaires croissants. Pour autant, « tout sur la Guinée-Bissau n'est pas négatif » a affirmé Président du Timor Leste.

« Malgré leur désenchantement, les Bissau-guinéens sont un peuple pacifique et amical qui ne s'est jamais tourné vers le crime ou la violence ethnique…le pays a un des niveaux de criminalité les moins élevés de l'Afrique sinon du monde. Il est possible de se promener à Bissau sans avoir peur comme dans beaucoup de capitales du monde, » a déclaré Jose Ramos-Horta, ajoutant qu'avec plus d'appui aux programmes de diplomatie préventive, la Guinée-Bissau pourrait devenir un pays exemplaire.

Selon le Représentant spécial, il faut s'attaquer aux défis de la Guinée-Bissau en deux temps. La première phase consisterait à appuyer le retour à l'ordre constitutionnel par le biais des élections; la deuxième, postélectorale, viserait à apporter un soutien au renforcement des institutions étatiques comprenant leur réforme, un appui à leur financement, mais aussi le recours à des experts et des conseillers pour veiller à la stabilisation et au développement durable du pays.

Les problèmes de la Guinée-Bissau “ne sont pas insurmontables” mais ils requièrent avant tout un appui politique et financier important de la communauté internationale, a enfin déclaré José Ramos-Horta, avant d'exhorter le Conseil à adopter une résolution afin d'envoyer un message fort de soutien au peuple de la Guinée Bissau.

(Mise en perspective de Cristina Silveiro avec un extrait sonore de l'intervention de José Ramos-Horta, Représentant spécial du Secrétaire général pour la  Guinée-Bissau)

 

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28/08/2014
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