Grands Lacs : le président tanzanien invite Kigali et Kampala à dialoguer avec leurs rebelles

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Des militaires tanzaniens de la Brigade d’intervention de la MONUSCO lors de leur arrivée à Goma (Photo Clara Padovan)

Le président tanzanien, Jakaya Kikwete a salué dimanche 26 mai à Addis-Abeba le projet de la brigade d'intervention de la MONUSCO pour combattre les groupes armés dans l'Est de la RDC. Au cours d'une réunion à huis clos entre quelques chefs d'Etats africains, il a cependant appelé aux négociations entre Kigali et les rebelles rwandais des FDLR et Kampala avec les rebelles de l'ADF-Nalui. Pour le chef de l'État tanzanien, il n'y a pas de paix durable, sans négociation globale.

Devant le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon et six de ses pairs africains, le président Jakaya Kiwete, dont le pays fournit des troupes à la brigade d'intervention de la MONUSCO, a indiqué que cette brigade ne résoudra pas le problème de fonds dans les Grands Lacs, qui est politique.

Le président tanzanien a insisté sur la nécessité d'une reprise du dialogue – actuellement au point mort – entre le gouvernement de Kinshasa et les rebelles du M23. Avec l'annonce en mars dernier de l'arrivée de la brigade d'intervention censée combattre les groupes armés, Kinshasa avait demandé au M23 de « s'auto dissoudre ». Et les discussions ouvertes à Kampala entre les deux groupes depuis décembre 2012 s'étaient enlisées.

Jakaya Kikwete a aussi demandé au Rwanda et à l'Ouganda de négocier avec leurs rebelles. Ces derniers se trouvent en RDC où ils commettent de nombreuses exactions sur la population civile.

« Si Kinshasa négocie avec ses ennemis du M23, il faut aussi que Kigali accepte de parler avec ses ennemis des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), et Kampala avec les rebelles ougandais de l'ADF-NALU. Pas de paix durable, sans négociation globale », a dit Jakaya Kikwete.

Le Rwanda a désapprouvé la proposition du chef de l'Etat tanzanien. « Les propos du président Kikwete de Tanzanie sont aberrants », a déclaré la chef de la diplomatie rwandaise, Louise Mushikiwabo.

Pour la ministre rwandaise, les FDLR sont « un groupe de génocidaires qui ont quitté le pays après avoir participé à l'élimination de plus d'un million de Rwandais ».

« Ceux qui pensent que le Rwanda devrait s'asseoir à la table de négociations avec les FDLR ne savent pas de quoi ils parlent », a-t-elle conclu.

(Mise en perspective: Innocent Olenga de Radio Okapi)

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15/12/2017
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