Grands Lacs : en tournée dans la région, Mary Robinson exhorte à la volonté politique pour mettre en œuvre l'Accord-cadre de paix

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L’Envoyée spéciale des Nations Unies pour les Grands Lacs, Mary Robinson, a exhorté vendredi les dirigeants de la région à continuer d’œuvrer au succès du nouveau plan de paix pour la République démocratique du Congo (RDC) du plan de paix, alors que l’est du pays est de nouveau en proie à des tensions manifestes et à une rhétorique menaçante.

« L’Envoyée spéciale est gravement préoccupée par ce qui ressemble à une atmosphère de tension croissante et de rhétorique menaçante ces derniers jours en RDC », indique un communiqué de presse transmis par le bureau de Mary Robinson à l’issue de sa visite à Entebbe, en Ouganda.

« Au cours de ses discussions avec les dirigeants de la région, l’Envoyée spéciale a souligné que la coopération politique prévue par l’Accord-cadre devait rester l’élément central des efforts visant à résoudre les conflits et instaurer la paix, la sécurité et le développement », ajoute le communiqué en faisant référence à l’Accord-cadre de paix, de sécurité et de coopération pour la RDC et la région, conclu en février 2013.

En signant l’Accord-cadre de paix, de sécurité et de coopération pour la RDC et la région, la RDC, l’Angola, le Burundi, la République centrafricaine, la République du Congo, le Rwanda, l’Afrique du Sud, le Soudan du Sud, l’Ouganda, la Tanzanie et la Zambie se sont mis d’accord pour protéger la souveraineté territoriale et préserver la paix et la stabilité de la RDC. Mary Robinson est notamment chargée de superviser l’application de cet accord.

Arrivée aujourd’hui au Burundi, elle a exhorté les dirigeants régionaux à maintenir l’élan en faveur de la mise en œuvre de ce plan de paix. « J’observe une volonté politique et une urgence en faveur de la paix qui doit être maintenue », a affirmé Mary Robinson lors d’une conférence de presse donnée à Bujumbura. « Nous avons eu des accords régionaux auparavant. Cette fois-ci, les choses doivent être différentes. Il est maintenant temps de commencer la mise en œuvre. »

Avant la conférence de presse, Mary Robinson s’est entretenue avec le Président Pierre Nkurunziza, saluant l’engagement qu’il a exprimé à l’appui du plan de paix et sa volonté déclarée de travailler avec elle dans le cadre de son mandat d’Envoyée spéciale.

Au cours de son déplacement au Burundi, Mary Robinson a également rencontré des émissaires de l’Union africaine et de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), ainsi que le personnel du Bureau des Nations Unies au Burundi (BNUB).

« Elle a reconnu l’importance des efforts régionaux déployés pour trouver des solutions et s’est réjoui de travailler en partenariat à la réussite de l’Accord-cadre », a précisé le Bureau de Mary Robinson.

Jeudi, Mary Robinson avait félicité le Président de l’Ouganda, Yoweri Museveni, pour ses efforts visant à contribuer aux efforts de paix dans la région, alors que les pourparlers de Kampala se déroulent actuellement dans son pays dans le cadre de sa présidence du CIRGL. Elle a également rencontré le Ministre de la Défense, Crispus Kiyonga, facilitateur de ces pourparlers.

La capitale de l’Ouganda a accueilli à plusieurs reprises des discussions entre le gouvernement congolais et des représentants du Mouvement du 23 Mars (M23), formés d’anciens soldats de l’armée nationale qui se sont mutinés en avril et nommé d’après un accord de paix signé le 23 mars 2009 et qui n’aurait jamais été mis en œuvre selon eux.

Le 19 novembre, le M23 a occupé Goma, la capitale du Nord-Kivu, après une avancée marquée par des affrontements avec les forces armées de la RDC (FARDC). Ses membres s’en sont retirés 11 jours plus tard, conformément aux exigences d’un communiqué de la CIRGL, sous la surveillance d’une partie des 1.500 Casques bleus de la Mission de stabilisation des Nations unies en RDC (MONUSCO) déployés à Goma.

Dans la foulée de ces événements, le Conseil de sécurité a autorisé en mars le déploiement d’une brigade d’intervention au sein de la MONUSCO, qui sera chargée de mener des opérations offensives ciblées, avec ou sans le soutien de l’armée nationale congolaise, contre les groupes qui menacent la paix et la sécurité dans l’est de la RDC.

Ces derniers jours, les médias ont indiqué que le M23 aurait assuré qu’ils ne participeraient plus aux pourparlers de Kampala en raison de la création de cette brigade d’intervention. Lors de sa visite, Mary Robinson a exhorté toutes les parties à permettre au processus de « reprendre de l’élan ».

Mary Robinson devait se rendre aujourd’hui en Afrique du Sud, où elle tiendra des réunions, notamment demain à Pretoria avec Nkosazana Dlamini Zuma, le Président de la Commission de l’Union africaine.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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29/08/2014
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