Conseil des droits de l'homme : le Cameroun réfute toute politique d'inquisition contre les homosexuels

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Le Conseil des droits de l'homme poursuit les travaux de sa 16e session à Genève, avec l'examen ce mercredi, du rapport du Cameroun. Dans le cadre de cet examen périodique universel, il a été beaucoup question de la suppression de la peine de mort, des droits des populations autochtones, des violences faites aux femmes ou de la dépénalisation des délits de presse. Au cours des débats, des délégations se sont préoccupés du sort des homosexuels au Cameroun. Si Yaoundé confirme que la « loi réprime effectivement les actes homosexuels », il rappelle aussi « qu'il n'y a pas d'inquisition et les homosexuels ne sont pas pourchassés au Cameroun ».

Le Ministre des Relations Extérieures du Cameroun a tenu à rappeler que la Loi est l'expression de la volonté générale et que toute loi reflète l'état de l'opinion d'un pays donné à un moment donné de l'évolution historique de ce pays. « En ce qui concerne la République du Cameroun en même temps que plusieurs pays africains, la société n'accepte pas encore l'homosexualité comme  un comportement normal. Donc il faut laisser le temps au temps et il faut laisser le temps à la société d'évoluer », fait remarquer Professeur Pierre Moukoko Mbonjo.

Toutefois, le Chef de la diplomatie camerounaise a tenu à rassurer le Conseil des droits de l'homme et souligner que « le Cameroun n'est pas un état inquisitorial ». « Il n'y a pas d'inquisition et les homosexuels ne sont pas pourchassés au Cameroun. Personne ne va regarder dans les chambres des uns et des autres ce qui s'y passe. Je crois qu'il faut vraiment relativiser ce phénomène qui en terme quantitatif est vraiment négligeable».

Selon Pierre Moukoko Mbonjo, il se trouve que les quelques cas qui sont vraiment très minoritaires et qui sont portés à l'attention de l'opinion internationale, sont des cas constatés dans des lieux publics. Le dernier événement, c'était dans un taxi et évidemment cela choque l'opinion.

Deuxième observation relevée par Yaoundé sur ce phénomène de l'homosexualité, c'est qu'il n'y a pas de discrimination. Le Ministre a tenu à faire la différence entre la répression et la discrimination selon l'orientation sexuelle. « Il n'y a aucun de texte de loi au Cameroun qui interdit par exemple les homosexuels d'être enrôlés dans l'armée ou les différents corps de sécurité ». Pour Pierre Moukoko Mbonjo, on ne pourchasse pas au Cameroun les homosexuels. « Simplement, pour ceux et celles qui ont cette orientation sexuelle, autant que les hétéros, il n'est pas permis de faire l'amour en public».

Concernant la dépénalisation des délits de presse, Yaoundé rappelle que si la censure administrative a été supprimée, les délits demeurent sanctionnés par le droit pénal, en vue de promouvoir la responsabilité et le respect de la déontologie chez les journalistes, mais aussi protéger les droits des autres citoyens. En effet, dans la plupart des affaires impliquant des journalistes, les poursuites ont été engagées, non par le ministère public, mais à l'initiative des particuliers estimant que leurs droits ont été violés par les journalistes.  Les journalistes, les membres des organisations non gouvernementales et les défenseurs des droits de l'homme exercent librement leurs activités. « Le harcèlement judiciaire dont se plaignent certains défenseurs des droits de l'homme tire très souvent son origine de la contrariété de leurs agissements avec les droits des autres citoyens », conclut le Chef de la diplomatie camerounaise.

(Extrait sonore : Pierre Moukoko Mbonjo, Ministre des Relations Extérieures du Cameroun)

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21/11/2014
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