Yémen : la transition est en cours, mais de graves problèmes demeurent, dit l'Envoyé spécial de l'ONU

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Jamal Benomar, Conseiller spécial du Secrétaire général pour le Yémen

La récente ouverture de la conférence de dialogue national est une étape majeure pour la transition politique au Yémen, mais de graves problèmes demeurent, notamment des troubles dans le sud du pays, a déclaré jeudi, l'Envoyé spécial des Nations Unies pour le Yémen, Jamal Benomar. Selon l'Envoyé spécial, le Yémen continue à être le seul exemple dans la région d’une transition pacifique et négociée basée sur une feuille de route complète et un véritable dialogue national.

“La conférence de dialogue national a ouvert un nouveau chapitre dans la transition dont les Yéménites sont en train d’écrire leurs propres pages … Ils sont en train de décider de leur propre avenir,” a-t-il déclaré devant les journalistes, à New York, après avoir informé le Conseil de sécurité lors d’une séance à huis clos.

L'ouverture le 18 mars de cette conférence a été “un moment historique” pour le Yémen, qui a été l’objet d’une transition démocratique dirigé par le président Abdrabuh Mansour Hadi.

“Les groupes, qui, il ya un an encore étaient engagés dans des affrontements armés, sont maintenant rassemblées dans une même salle afin de discuter d’un avenir commun pour leur pays”, a-t-il noté, ajoutant que cela contraste fortement avec les événements tragiques observés il y a deux ans, lorsque 45 manifestants pacifiques ont été tués et 200 blessés, le 18 mars 2011.

Dans le même temps, Jamal Benomar a fait remarquer que de «graves» difficultés subsistent, y compris des troubles dans le sud du pays, où un mouvement de désobéissance civile attire désormais un grand nombre de personnes dans les rues.

«Les appels à la sécession ont augmenté. Après presque deux décennies de discrimination, de répression, et d'absence de réponse à leurs griefs légitimes, les gens du sud sont las et sceptiques face aux promesses de réformes.

“Nombre de Yéménites s'accordent à dire que la résolution de la« question du sud » est la clé de la réussite de la transition du Yémen”, a-t-il ajouté.

Un autre défi pour le pays est la crise humanitaire actuelle, marquée par le manque de services de base, ainsi que des taux alarmants d’insécurité alimentaire et la malnutrition, en particulier chez les enfants.

Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), plus de 10 millions de personnes – près de la moitié de la population du pays – auraient besoin d’une aide alimentaire. En outre, les taux de malnutrition infantile sont parmi les plus élevés au monde, avec près de la moitié des enfants yéménites de moins de cinq ans, soit deux millions d’enfants, qui souffrent d'un retard de croissance et alors qu'un million souffre de malnutrition aiguë.

Jamal Benomar a exhorté les donateurs à honorer leurs engagements pris en vertu du Plan d'intervention humanitaire au Yémen en 2013, qui exige 716 millions de dollars pour fournir une aide d’urgence et de relèvement précoce à plus de 7,7 millions de personnes vulnérables dans le pays. Or, jusqu’à présent, le plan n’est financé qu'à hauteur de 22%.

L'Envoyé spécial a également déclaré que les attaques contre les infrastructures se sont intensifiées au cours de la première semaine du Dialogue national, avec neuf attaques contre les lignes électriques et cinq contre des oléoducs. Il ya eu plusieurs tentatives d’assassinat visant à Sanaa des représentants du gouvernement et, dans un cas, un délégué à la conférence.

En outre, le calendrier de la transition demeure un défi majeur, la conférence n'ayant que moins d'un an pour mener à bien e processus d'élaboration de la nouvelle constitution y compris le référendum, les réformes électorales et les élections générales.

Enfin, les réformes visant à restructurer et unifier les forces armées ont été annoncées, mais sont encore à mettre en œuvre, a ajouté Jamal Benomar.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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17/09/2014
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