République centrafricaine : le HCR recommande aux États de suspendre les retours vers Bangui

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Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) recommande aux États de suspendre les retours forcés des nationaux ou des résidents habituels de République centrafricaine (RCA) vers ce pays, étant donnée la situation instable et incertaine. Cette prise de position du HCR a été publiée à Genève le jeudi 25 avril dernier. Le HCR rappelle que de nombreuses personnes ayant fui la RCA remplissent très probablement les conditions pour être reconnues comme réfugiées en application de la Convention de 1951.

En fonction du profil de chaque cas, des considérations relatives à l'application des clauses d'exclusion peuvent intervenir. De plus, le HCR considère qu'il est probable que les personnes fuyant la République Centrafricaine ou que celles qui se trouvaient déjà dans un pays d'asile avant les récents évènements aient besoin de la protection internationale des réfugiés, conformément à l'article 1 de la Convention de 1969 de l'OUA.

Les combats et l’insécurité en République centrafricaine ont eu un grave impact sur la population civile et l’accès humanitaire à ces populations est extrêmement limité. Des meurtres ciblés, des arrestations et détentions, des actes de torture, le recrutement d’enfants, le viol et d’autres formes de violences sexuelles, des disparitions et des enlèvements, ainsi que des extorsions et pillages à Bangui et dans d’autres parties du pays, ont été signalés. Ces abus, qui ont eu lieu dans une atmosphère d’anarchie générale et d’insécurité, avec des services essentiels perturbés à travers tout le pays, ont conduit à des déplacements forcés de population.

Depuis le début de l’offensive des rebelles séléka en décembre 2012, on estime que 173 000 personnes ont été nouvellement déplacées, portant ainsi le nombre total de déplacés internes en République centrafricaine à environ 206 000 personnes. En outre, près de 42 000 réfugiés originaires de République centrafricaine ont été enregistrés dans les pays voisins, essentiellement en République démocratique du Congo, au Tchad, au Cameroun et au Congo.

Par ailleurs, en vue de préserver le caractère civil de l'asile, le HCR rappelle aux Etats de rester attentifs à l'identification des combattants et à les séparer de la population réfugiée. « L'interdiction des renvois forcés doit être considérée comme une mesure minimale et doit être maintenue jusqu'à ce que la situation relative à la sécurité et aux droits humains dans les zones affectées se soit suffisamment améliorée pour permettre un retour dans des conditions de sécurité et de dignité des personnes considérées comme n'ayant pas besoin de protection internationale ».

(Extrait sonore : Fatoumata Lejeune-Kaba, porte-parole du HCR à Genève ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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29/08/2014
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