République centrafricaine : des centaines de nouveaux réfugiés fuient les flambées de violence

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Des personnes déplacées à Zoukoutouniala dans la préfecture de Bamingui-Bangoran (Photo d’archives: OCHA / L. Fultang).

Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon s’est dit mardi alarmé par la détérioration rapide de la situation sécuritaire en République centrafricaine (RCA).

Il est particulièrement préoccupé par les informations faisant état d'affrontements entre la Séléka et la population à Bangui qui ont causé la mort de nombreux civils. Il condamne fermement les actes de violence de la Séléka contre la population civile.

 

Ban Ki-moon appelle les autorités de fait à rétablir l'ordre et la sécurité publique dans l'ensemble du pays, et à assurer la protection des civils.

 

Le Secrétaire général est profondément préoccupé par la détérioration de la situation humanitaire et par les graves violations des droits de l'homme qui continuent à travers le pays, y compris les meurtres, les viols, les pillages et les pilonnages, les tirs aveugles et le recrutements d'enfants soldats. Il rappelle que ceux qui sont responsables de telles violations devront individuellement répondre de leurs actes.

 

Un appel de Ban Ki-moon repris par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) qui a appelé mardi à la fin des violences en République centrafricaine après les flambées de violence dans la capitale, Bangui, qui ont forcé à nouveau des centaines de personnes à fuir le pays. Le HCR comptabilise désormais plus de 30 000 réfugiés centrafricains en République démocratique du Congo (RDC), ainsi que 1024 nouveaux réfugiés au Cameroun et 6 728 au Tchad ».

 

Selon le HCR, les nouveaux réfugiés en RDC ont déclaré que les rebelles seleka avaient pris Bangui le mois dernier et qu’ils avaient ouvert le feu sur des habitants entrés en résistance ou protestant contre les abus et les pillages commis durant les opérations de désarmement.

 

Les hommes jeunes, qui comptent pour 80% des réfugiés ayant traversé la frontière la semaine dernière, ont été particulièrement affectés. « En RDC, 1 200 réfugiés centrafricains sont arrivés entre samedi et lundi. Et l’afflux continue », a indiqué le porte-parole.

 

Les nouveaux arrivants sont majoritairement hébergés par la population locale mais certains ont rejoint le camp de Worobe, de l’autre côté du fleuve bordant la République centrafricaine et situé à près de 20 kilomètres à l’est de Zongo.

 

Les personnes arrivées à Worobe ont traversé par bateau vers Zongo puis elles ont marché vers le camp qui accueille désormais 3 707 réfugiés. D’autres sont dans des villages ou ont trouvé abri dans des bâtiments publics. Le HCR a fourni, à tous les arrivants, des repas chauds et fait son possible pour tous les transférer vers le camp.

 

« Il est urgent que les autorités seleka mettent fin à la violence contre les civils et restaurent la sécurité à Bangui ainsi que dans le reste du pays. C’est nécessaire à la fois pour ralentir l’exode et pour permettre la reprise des opérations d’aide humanitaire essentielles à l’intérieur du pays », avertit le HCR.

 

Selon l'agence onusienne, on compte 173 000 personnes déplacées internes en République centrafricaine. De plus, quelque 17 000 réfugiés pour la plupart congolais ou soudanais se trouvent en République centrafricaine, ainsi que 4 000 nouveaux réfugiés soudanais qui ont rejoint le nord de la République centrafricaine il y a 10 jours suite à des affrontements tribaux survenus dans la région d’Um Dukhun à l’ouest du Darfour.

(Interview : Fatoutama Lejeune-Kaba, porte-parole du HCR à Genève ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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Classé sous Dossiers, Maintien de la paix.
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21/11/2014
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