OIT : la protection sociale, cruciale pour combattre le travail des enfants

Écouter /

Photo : FAO

Selon un rapport publié lundi, les politiques de protection sociale peuvent jouer un rôle clé dans la lutte contre le travail des enfants qui touche actuellement près de 215 millions d’enfants dans le monde.

Rédigé par le Programme international pour l’abolition du travail des enfants (IPEC), qui fait partie de l’Organisation internationale du travail (OIT), le Rapport mondial sur le travail des enfants examine les différents types de mesures de protection sociale qui peuvent aider à lutter contre ce fléau. Il s’agit notamment de dispositifs de transferts en espèces, de la sécurité sociale et de la sécurité du revenu pour les personnes âgées.

Selon le rapport, 215 millions d’enfants travaillent dans le monde et 115 millions sont enrôlés dans des pratiques assimilables à l’esclavage, la servitude pour dette, la prostitution, l’implication dans des activités illicites et des travaux dangereux pour leur santé et leur sécurité. Dans le monde, 15,5 millions d’enfants se livrent au travail domestique.

Mais la plupart des enfants qui travaillent continuent d’être employés dans l’agriculture, soit 60%. Seul un enfant qui travaille sur cinq occupe un emploi rémunéré. L’immense majorité travaille sans toucher de rémunération au sein de la famille.

« Ce rapport contribue à faire mieux comprendre les fragilités économiques et sociales sous-jacentes à l’origine du travail des enfants », explique la Directrice du Programme international pour l’abolition du travail des enfants (IPEC) de l’OIT, Constance Thomas, dans un communiqué de presse.

« Il montre clairement qu’investir dans la protection sociale à travers des socles de protection sociale définis au plan national constitue un volet crucial du combat contre le travail des enfants, ce qui englobe aussi l’accès à des emplois décents pour les adultes et à l’éduction pour les enfants », a-t-elle ajouté

Selon les statistiques de l’OIT, plus de cinq milliards de personnes, soit près de 75% de la population mondiale, n’ont pas de véritable accès à une protection sociale universelle. Cette protection devrait pourtant constituer une part déterminante des stratégies nationales de lutte contre le travail des enfants.

Les auteurs du rapport recommandent l’introduction de mesures spécifiques au travail des enfants dans les régimes de sécurité sociale, le renforcement des capacités et des cadres juridiques nationaux, ainsi que l’extension de la couverture aux catégories d’enfants les plus vulnérables comme les enfants qui vivent avec le VIH, les enfants migrants, ceux issus de minorités ethniques marginalisées, de groupes autochtones et d’autres groupes exclus sur le plan social et économique.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

Le dernier journal
Le dernier journal
23/07/2014
Loading the player ...