Géothermie : la Banque mondiale veut enclencher une dynamique mondiale en vue d'une révolution

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Une quarantaine de pays dans le monde ont un potentiel géothermique suffisant pour satisfaire une part significative de leurs besoins énergétiques. Forte de ce constant, la Banque mondiale défend un Plan mondial de développement de la géothermie en faveur de millions d'habitants des pays en développement. En 2012, les prêts de la Banque mondiale pour le développement de la géothermie ont atteint 336 millions de dollars, soit pratiquement 10 % de son portefeuille total de prêts aux énergies renouvelables.

L'Islande fait partie de la quarantaine de pays dans le monde au potentiel géothermique suffisant pour satisfaire une part significative de leurs besoins énergétiques. À l'échelle planétaire, ce potentiel reste largement sous-exploité : les capacités mondiales géothermiques ne représentent actuellement que 11 gigawatts, soit 0,3 % seulement de l'énergie produite dans le monde.

Quand il a colonisé l'Islande voici un millier d'années, Ingólfur Arnarson a baptisé la future capitale du pays du nom de Reykjavik, ou « baie des fumées », en raison des vapeurs provenant des sources d'eau chaude qui parsèment l'île. Un millénaire a passé et l'Islande exploite toujours cette ressource : elle tire plus de 25 % de son électricité de l'énergie géothermique et neuf bâtiments sur dix sont chauffés par les rejets des centrales géothermiques.

Selon la Banque mondiale, le principal frein aux projets de géothermie est lié à la phase initiale de forage, onéreuse et risquée. Prouver la viabilité d'un seul champ géothermique peut coûter entre 15 et 25 millions de dollars : un investissement à fonds perdus si le site se révèle sans intérêt.

Soucieuse de faire bouger les choses, la Banque mondiale a pris l'initiative de lancer un Plan mondial de développement de la géothermie. Il s'agit de mobiliser bailleurs de fonds et prêteurs multilatéraux autour d'un programme d'investissement visant à déployer l'énergie géothermique dans les pays en développement. Ce plan porte principalement sur la réalisation de forages d'essai, dans l'objectif de constituer un portefeuille de projets commercialement viables susceptibles d'attirer des investisseurs privés.

(Pierre Audinet, Responsable du projet énergie propre de l’ESMAP, le Programme de soutien à l’assistance technique dans le domaine de l’énergie à la Banque mondiale)

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30/07/2014
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