Forêts : une bonne gestion permet de tirer le même volume de bois, selon l'expert sénégalais Ndiawar Dieng

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travail pénible dans une forêt de mangrove devenue desert

Le 10ème Forum des Nations Unies sur les forêts poursuit depuis le 8 avril ses travaux à Istanbul, en Turquie. A maintes reprises, les participants ont rappelé la nécessité de protéger une ressource vitale qui couvre près d’un tiers de la surface du globe et fournit d’inestimables bienfaits sur les plans social, économique et environnemental.

Cette dixième édition a pour objectif de mettre au point des actions en vue de réduire la déforestation, d’améliorer les moyens de subsistance des populations qui dépendent de ces forêts, d’accroître le nombre de celles qui peuvent être protégées et l’assistance aux pays en développement pour améliorer la gestion forestière.

Près de 1,6 milliard de personnes – dont plus de 2.000 communautés autochtones – dépendent des forêts pour assurer leurs moyens de subsistance et plus de trois milliards y collectent le bois de cuisine et de chauffage. Les forêts fournissent également les trois-quarts de l’eau douce existante, contribuent à amoindrir l’impact des orages et des inondations et stockent le carbone dans l’atmosphère.

Pour sa part, le Sénégal dont la délégation en Turquie, est dirigée par l'expert forestier, Ndiawar Dieng, a rappelé, au cours d'une interview accordée à la Radio des Nations, que les longues périodes de sécheresse au Sahel, dans les années 70, ont causé d'importants dégâts parmi la population et dans les écosystèmes des mangroves. En raison de la sécheresse, les récoltes ont été perdues. Et par réaction, les populations ont jugé nécessaire de couper les mangroves, se privant d'importantes ressources, y compris du bois et des huîtres. De fait, l'importance des mangroves a été réduite.

Or, selon Ndiawar Dieng, une bonne gestion de la forêt, permet de disposer pratiquement du même volume d’arbres et donc de bois debout, de sorte que les populations gardent leur capital et leur réserve de CO2. Aussi, lorsqu'on plante une forêt, cela permet aux populations au niveau du village, au niveau local, d'avoir les ressources économiques nécessaires pour lutter contre la pauvreté, de bénéficier d'une clôture, de maintenir un bon niveau de santé et aussi d'être en mesure de travailler pour une meilleure forêt.

Abordant le programme de la “Grande muraille verte”, le chef de délégation sénégalaise, a fait valoir que ce projet qui regroupe onze pays, de Dakar à Djibouti, a été créé pour résoudre le problème de la pauvreté et du développement économique local des populations rurales par le biais des reconstitutions d’écosystèmes et aussi par le développement de la disponibilité de l’eau. Le programme qui a commencé en 2008, a besoin d'être soutenu à travers la coopération internationale. Mais le Sénégal n’a pas attendu que l'aide arrive, pour lancer des projets, conscient de l'importance pour sa population de la mise en œuvre rapide du programme.

(Interview : Ndiawar Dieng, expert forestier, chef de la délégation du Sénégal au Forum des forêts à Istanbul; propos recueillis par May Yaacoub)

Classé sous Environnement, Reportages.
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19/09/2014
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