Dégradation des sols: perte du produit intérieur brut agricole

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Luc Gnacadja, Secrétaire éxécutif de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification

Selon une étude scientifique parue mercredi 10 avril, la communauté mondiale perd jusqu’à 5 % de son produit intérieur brut agricole en raison de la dégradation des sols. Intitulée « Économie de la désertification, de la dégradation des sols et de la sécheresse: méthodes et analyse en vue de la prise de décisions », cette étude a été présentée lors de la deuxième Conférence scientifique de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification, qui a débuté le 10 avril à Bonn, en Allemagne.

La présidente du Groupe d’experts du Secrétaire général sur la viabilité mondiale et ancienne Présidente de la Finlande, Tara Halonen, et le Secrétaire exécutif de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification, Luc Gnacadja, ont pris la parole lors de la séance d’ouverture de la Conférence, à laquelle participent plus de 600 scientifiques et représentants de gouvernements, d’organisations internationales et d’organisations de la société civile.

Selon Tara Halonen, « l’élimination de la pauvreté continuera d’être le but principal de la communauté internationale. Trois sujets – croissance verte, justice sociale et limites de l’environnement mondial – devraient guider les travaux relatifs aux objectifs en matière de développement durable après 2015. »

L’ex-Présidente de la Finlande a affirmé qu’« une gestion viable des sols, la prévention de leur dégradation et leur remise en état sont des moyens très efficaces et rentables d’éliminer la pauvreté rurale. La terre va offrir de la nourriture ainsi que des emplois et des revenus convenables aux ruraux. En outre, cette gestion est étroitement liée à la disponibilité d’énergie et de sources d’eau.»

De son côté, Luc Gnacadja a indiqué que l’étude est la première évaluation économique du coût de la désertification en plus de vingt ans. « Elle montre que la désertification, la dégradation des terres et la sécheresse sont des contraintes fondamentales qui s’opposent à l’obtention d’une résilience sociale et écologique, d’une sécurité alimentaire mondiale et d’une atténuation significative de la pauvreté. Si nous n’agissons pas, ces contraintes resteront le talon d’Achille du développement», a-t-il déclaré.

L’étude montre que 4 à 12 % du PIB agricole de l’Afrique est perdu en raison de la dégradation de l’environnement. Le coût économique direct de la dégradation des terres varie largement, allant jusqu’à 6,6 % du PIB agricole au Paraguay, 9 % au Burkina Faso et 24 % au Guatemala.

(Mise en perspective : Jean-Pierre Amisi Ramazani)

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23/07/2014
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