Darfour : plus de 74 000 personnes fuient les affrontements tribaux

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Des employés du HCR rencontrent des réfugiés du Darfour dans la ville tchadienne de Tissi (Photo: HCR/ M: Antoine).

Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés a rapporté vendredi que plus de 74 000 personnes fuient vers le Tchad pour échapper à une reprise des affrontements tribaux au Darfour. La plupart de ces tout derniers arrivants sont des femmes et des enfants. Selon le HCR, davantage de réfugiés continuent à arriver chaque jour, y compris des personnes blessées par balles. L'agence onusienne souligne que c’est l’afflux de réfugiés le plus important depuis le Soudan vers le Tchad depuis 2005.

 

Des milliers de personnes ont franchi la frontière entre le Darfour et le Tchad ces derniers jours pour fuir les combats entre deux tribus arabes rivales à l'Ouest du Darfour. Ces combats font rage autour d’Um Dukhun, à 10 kilomètres de la frontière tchado-soudanaise. Parmi ces 74 000 personnes déracinées se trouvent des Soudanais, mais aussi des Tchadiens qui vivaient en tant que réfugiés dans la zone de conflit. La plupart de ces tout derniers arrivants sont des femmes et des enfants.

Au mois de mars, 24 000 réfugiés en quête de sécurité sont arrivés au cours d’une première vague dans la ville de Tissi au Tchad, depuis le Darfour. Selon le personnel du HCR, cet afflux incluait 8 000 Soudanais et 16 000 Tchadiens.

Une porte-parole du HCR décrit une violence vraiment effroyable, avec des réfugiés qui ont été témoins de la destruction de leurs maisons et de leurs villages réduits en cendres. Selon Melissa Fleming, les réfugiés arrivent blessés, épuisées et traumatisées par les violences. Beaucoup ont indiqué que leurs proches avaient été tués, mais le HCR ne dispose pas du bilan exact des morts.

A Tissi, les nouveaux arrivants vivent dans des conditions épouvantables. Il n’y a pas d’eau, pas de nourriture et ils dorment en plein air sous des arbres. Ils courent un risque élevé de contracter des maladies transmises par l’eau, car ils boivent l’eau de la rivière située non loin.

La zone dans laquelle ils arrivent est également très isolée et difficile d’accès. Le plus proche bureau du HCR sur le terrain se situe à Koukou Angaranana, qui est localisé à une distance de 230 kilomètres via des routes impraticables. « Nous avons déployé des équipes à la frontière entre le Tchad et le Soudan pour enregistrer les nouveaux arrivants et leur porter assistance. Des stocks disponibles d’articles de secours, y compris des couvertures, de la nourriture et des médicaments sont acheminés en urgence sur le site », a souligné Melissa Fleming, porte-parole du HCR.

Le HCR travaille avec les autorités tchadiennes et ses partenaires pour développer un nouveau camp où seront hébergés les tout derniers arrivants. Les principaux besoins concernent les abris, l’eau potable, la nourriture et les médicaments. Les autorités locales ont fourni 100 tonnes de nourriture, que le HCR a transportées vers Tissi.

Depuis 2003, plus de 300.000  soudanais se sont réfugiés au Tchad voisin.

(Mise en perspective d'Alpha Diallo à Genève ; avec un extrait sonore de Melissa Fleming, porte-parole du HCR)

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16/10/2017
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