Brésil: les services de Navi Pillay se réjouissent de la condamnation des auteurs du «massacre de Carandiru»

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Prision de Carandiru à Sao Paulo, Brésil

Le Haut Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme félicite les autorités brésiliennes après le verdict rendu le 21 avril dernier par un tribunal de Sao Paulo. Procès au cours duquel vingt-trois policiers jugés pour le massacre de détenus dans la prison de Carandiru dans l’Etat de Sao Paulo, en 1992, ont été condamnés à 156 ans de prison chacun. Trois autres accusés ont été acquittés.

Les policiers, majoritairement retraités, ont été déclarés dimanche dernier coupables du meurtre de 15 détenus, sur un total de 111 victimes, au cours d’une opération destinée à mater une mutinerie dans cette vaste prison de Sao Paulo, le 2 octobre 1992.

Et il a fallu attendre 21 ans pour voir s’ouvrir ce procès qui avait débuté le 15 avril dernier. Vingt-six policiers – dont huit seulement ne sont pas à la retraite – comparaissaient parmi 79 accusés d’être impliqués dans le massacre.

Le procès aura lieu en quatre temps, en fonction de l’étage où les policiers sont intervenus le jour du massacre. Trois autres audiences auront ainsi lieu à trois mois d’intervalle.

A ce jour, une seule personne a été jugée pour ce massacre, le colonel Ubiratan Guimaraes, qui avait commandé l’opération. Il a été condamné à 632 ans de prison en 2001 mais a été acquitté en février 2006 lors d’un second jugement. Sept mois plus tard, il a été retrouvé mort à son domicile, un crime non élucidé à ce jour.

Les services de Navi Pillay félicitent les autorités brésiliennes d'avoir rendu justice à certaines des victimes de Carandiru, « après plus de deux décennies d'impunité ». Le Haut Commissariat indique suivre de près les procès en cours concernant les autres auteurs présumés de ce « massacre » de Sao Paulo. Il encourage également Brasilia à traiter d’urgence la situation désastreuse dans les prisons au Brésil où la population carcérale serait autour d'un demi-million de détenus.

(Interview : Cécile Pouilly, porte-parole du Haut Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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24/04/2014
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