Ban Ki-moon aux journalistes: « les perspectives peuvent sembler faibles, mais je reste convaincu qu’une solution politique est possible en Syrie »

Écouter /

Secrétaire général Ban Ki-moon (Photo : Rick Bajornas)

Avant sa visite, prévue jeudi 18 avril à Washington dans le cadre d'une série de rencontres pour une meilleure coopération entre l'ONU et la Banque mondiale, le Secrétaire général des Nations Unies s'est exprimé dans une conférence de presse à New York sur les principaux points d'actualité relatifs à la paix et à la sécurité dans le monde.

Concernant la Syrie, Ban Ki-moon a déclaré que la tragédie dans ce pays s’aggrave de jour en jour. La dynamique militaire est en train de détruire le pays et mettre en péril la région toute entière tandis que les civils paient le prix et doivent être protégés, a-t-il précisé.

A cet égard, « l’ONU fait de son mieux pour fournir l'aide dont plus d'un million de réfugiés syriens dans les pays voisins ont désespérément besoin » a-t-il indiqué.

Le Secrétaire général a déclaré que « les perspectives peuvent sembler faibles, mais je reste convaincu qu’une solution politique est possible ». C’est la seule façon de mettre fin à l’effusion de sang et parvenir à une nouvelle Syrie démocratique.

Ban Ki-moon a ajouté qu'il allait rencontrer au courant de la journée, Lakhdar Brahimi, le Représentant spécial conjoint de l’ONU et de la Ligue des États arabes, pour examiner les options actuelles. Le Secrétaire général a saisi cette occasion pour dissiper les rumeurs qui courent sur la démission éventuelle de Lakhdar Brahimi. Ce dernier demeure et continue de jouer son rôle de Représentant spécial conjoint.

Il a ajouté que l'équipe d'experts sur d’établissement des faits pour enquêter sur les allégations d’armes chimiques utilisées en Syrie est prête à se déployer rapidement dès que l'ONU aura le consentement du gouvernement syrien.

Ban Ki-moon a ensuite fait le tour d'horizon des foyers de tensions en commençant par le Mali où la sécurité s’est considérablement améliorée, selon lui, grâce aux actions menées en temps opportun par des forces militaires françaises et africaines. « Cependant, il reste beaucoup à faire pour rétablir l’ordre constitutionnel au Mali et l’intégrité territoriale » a-t-il ajouté.

Concernant la situation en République centrafricaine, le Secrétaire général s'est dit alarmé par les affrontements dans ce pays. Il a demandé instamment aux autorités de facto à rétablir la loi et l’ordre dans tout le pays, tout en saluant les efforts de l’Union africaine et de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale pour promouvoir la paix.

Et en République démocratique du Congo (RDC) « le Conseil de sécurité a adopté une importante résolution énonçant une nouvelle approche qui renforce nos efforts politiques et renforce le rôle militaire de la MONUSCO, y compris par la création d’une Brigade d’intervention pour s’attaquer au problème des groupes armés. Depuis, j’ai nommé Mary Robinson comme mon Envoyé spécial pour la région des Grands Lacs » a déclaré Ban Ki-moon devant les journalistes. Répondant à une question sur les craintes de voir l'intervention de la nouvelle Brigade la MONUSCO exacerber les violences faites aux femmes à l'Est de la RDC, le Secrétaire général a indiqué qu'il ne fallait pas avoir des préjugés sur cette Force avant son déploiement. Il a ajouté qu'il aura une réunion en mai prochain avec leaders qui ont signé et insisté pour la création de cette Brigade.

Et puis, le processus de paix au Moyen-Orient demeure une priorité, selon Ban Ki-moon. « Je me félicite des récentes visites du Président Obama et du Secrétaire d'Etat Kerry à Jérusalem et Ramallah. Toutes les parties impliquées, y compris le Quatuor, devrait fonctionner à insuffler une nouvelle vie dans le processus de paix, créer un environnement propice à la reprise des négociations et établir un horizon politique crédible pour parvenir à une solution à deux Etats » a-t-il déclaré.

Concernant la péninsule coréenne, la situation reste très volatile, a constaté Ban Ki-moon. La communauté internationale a réagi avec des moyens fermes mais mesurés à l’essai nucléaire, aux menaces et autres actes de provocation par la République populaire démocratique de Corée. « Je continue d’exhorter les dirigeants de la Corée du Nord à inverser la tendance et à retourner à la table des négociations. Dans le même temps, la communauté internationale ne doit pas perdre de vue la gravité de la situation humanitaire et des droits de l’homme en Corée du Nord. J’encourage les autorités à se concentrer sur le bien-être de la population du pays » a souligné Ban Ki-moon.

(Extraits sonores : Ban Ki-moon, Secretaire général des Nations Unies ; mise en perspective : Jean-Pierre Amisi Ramazani)

Le dernier journal
Le dernier journal
26/08/2014
Loading the player ...