Voix de femmes : Pour Françoise Vergès, la France doit enfin intégrer et assumer son histoire de l'esclavage

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L’invitée de Voix de femmes cette semaine est Françoise Vergès, universitaire, écrivain et politologue, originaire de l’île de la Réunion, qui a présidé de 2008 à 2012, le Comité français pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage, mis en place à la suite de l’adoption en 2001, de la Loi Taubira concernant la reconnaissance comme crime contre l’humanité des traites et des esclavages pratiqués à partir du 15ème siècle sur certaines populations.

Françoise Vergès a participé durant une semaine, au Siège de l’ONUà New York, à toute une série d’événements relatifs à la célébration de la Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique des esclaves.

A l’occasion de cette Journée internationale, célébrée chaque année le 25 mars,le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a souligné lundi après-midi, dans la salle de l’Assemblée générale,l’importance de transmettre cette « mémoire collective » aux nouvelles générations par le biais de l’éducation.

Le thème choisi cette année est « Libre à jamais: Célébrer l’émancipation ». Pendant plus de 400 ans, plus de 15 millions d’hommes, de femmes et d’enfants ont été victimes d’un commerce tragique, « l’un des chapitres les plus sombres de l’histoire de l’humanité ».

 

« Ce mois-ci, les Nations Unies ont l’honneur de pouvoir présenter la copie originale de la Proclamation d’émancipation des États-Unis », s’est félicité Ban Ki-moon dans l’allocution qu’il a prononcée à l’occasion de la réunion que l’Assemblée générale a organisée pour marquer cette Journée. « Nous l’exposerons à côté de panneaux mobiles qui reviendront sur les horreurs que les esclaves ont du endurer et le courage de ceux qui ont su y résister. »

Pour sa part, le Président de l’Assemblée générale de l’ONU, Vuk Jeremic, a rappelé que s’il est important de commémorer les victimes de l’esclavage passé, il faut également reconnaître que ce phénomène existe toujours, sous diverses formes.

(Interview : Françoise Vergès, universitaire, écrivain et politologue, Présidente de 2008 à 2012, du Comité français pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage; propos recueillis par Jérôme Longué)

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19/09/2014
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