Syrie : les 21 Casques bleus toujours détenus à aux mains des ravisseurs

Écouter /

Hervé Ladsous, Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux opérations de maintien de la paix

A l'issue de consultations du Conseil de sécurité, le Secrétaire général adjoint des Nations Unies en charge des opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, a confirmé que les 21 Casques bleus de la Force des Nations Unies chargée d'observer le dégagement (FNUOD) et de surveiller le cessez-le-feu au Golan entre Israël et la Syrie, sont toujours en Syrie, aux mains de leurs ravisseurs, qui sont des éléments armés de l'opposition.

Hervé Ladsous a précisé que les 21 soldats de la paix sont détenus dans le village d'Al Jamlah. Apparemment, ils sont sains et saufs. Ils sont détenus dans quatre ou cinq différents endroits du village, dans les caves de différentes maisons. Le Secrétaire général adjoint a indiqué que le village d'Al Jamlah fait l'objet de bombardements intenses par les Forces armées syriennes.

Les Nations Unies travaillent d'arrache-pied, à différents niveaux, pour sécuriser leur libération dans de bonnes conditions, et ce aussitôt que possible. Hervé Ladsous a indiqué qu'il y a, à l'heure actuelle, un espoir d'obtenir un cessez-le-feu de quelques heures pour permettre la libération des soldats de la paix, mais qu'il fallait rester prudent.

Le Secrétaire général adjoint a indiqué qu'en tout état de cause, si une telle libération intervenait, les Nations Unies souhaitent qu'il n'y ait pas de représailles par les Forces armées syriennes sur le village et la population civile.

Hervé Ladsous a aussi souligné que les Nations Unies et la FNUOD ont également évacué deux positions particulièrement exposées aux tirs, à l'extrême sud de la ligne de séparation. Par ailleurs, les Nations Unies examinent minutieusement la possibilité de modifier le mode opératoire de la Force pour tenir compte de la dégradation de la situation sécuritaire sur le terrain.

Intervenant ensuite devant les journalistes, l'ambassadeur russe, Vitaly Churkin, qui préside le Conseil de sécurit au cours du mois de mars, a espéré que la FNUOD pourra continuer à s'acquitter de son mandat. Il n'a pas voulu confirmer l'information selon laquelle les casques bleus auraient été utilisés à un moment ou à un autre comme boucliers humains. Il a insisté sur la prudence à adopter jusqu'à ce que les soldats de la paix puissent être libérés, tout en souhaitant ardemment que ceux-ci le soient le plus rapidement possible.

Enfin, dernier à s'exprimer devant la presse, le Représentant permanent de la Syrie auprès des Nations Unies, Bashar Ja'afari, a tenu à rappeler que les preneurs d'otage ont revendiqué leur acte dès le début et ont qualifié les observateurs de l'ONU de prisonniers de guerre. “Le gouvernement syrien travaille en étroite relation avec l'ONU et il est déterminé à mettre fin au plus tôt à cet acte terroriste”, a déclaré le diplomate en invitant les journalistes à se demander pourquoi ces événements arrivent maintenant et pourquoi la FNUOD est-elle visée.

En fait, a poursuivi Bashar Ja'afari, le gouvernement syrien a mis en garde depuis des mois les Nations Unies contre le risque d'actes terroristes facilités par Israël. Le Représentant permanent a pointé du doigt un groupe salafiste jordanien qui a franchi la zone démilitarisée.

Mercredi dernier, le Conseil de sécurité, dans une déclaration présidentielle lue à la presse, avait condamné fermement la détention du groupe de Casques bleus de l’ONU chargés de surveiller le cessez-le-feu au Golan entre Israël et la Syrie. Le Conseil de sécurité avait exigé leur libération immédiate.

Les Casques bleus de la FNUOD sont chargés de surveiller l'accord de dégagement de 1974 entre la Syrie et Israël, après leur guerre de 1973. En décembre 2012, le Conseil de sécurité a prorogé de six mois le mandat de cette Mission jusqu'au 30 juin 2013.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

Classé sous L'info.
Le dernier journal
Le dernier journal
29/07/2014
Loading the player ...