Syrie : le nombre de réfugiés franchit la barre du million

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Des réfugiées syriennes fuyant le Sud de la Syrie avec leurs enfants pour franchir la frontière jordanienne (Photo : HCR/N. Daoud).

Le cap du million de réfugiés syriens, dûment enregistrés ou aidés en tant que tels, est atteint. Selon un communiqué du Haut Commissariat pour les réfugiés des Nations Unies (HCR) rendu public ce mercredi à Genève, le nombre de réfugiés syriens fuyant leur pays s'est accru de façon spectaculaire depuis le début de l'année. « Avec un million de personnes en fuite, des millions de déplacés à l’intérieur du pays, et des milliers de personnes traversant les frontières chaque jour, la crise syrienne dérive toujours plus vers une catastrophe à grande échelle », a estimé le Chef du HCR, Antonio Guterres.

 

Avec cette barre du million de réfugiés, la Syrie est entrée dans la spirale d’une catastrophe absolue. Le Haut Commissaire aux réfugiés analyse ainsi cette nouvelle donne, en raison d'une augmentation dramatique du nombre de réfugiés. A cet égard, Antonio Guterres précise qu'il y a 400.000 réfugiés syriens de plus depuis le 1er janvier. Le HCR, qui en décembre dernier estimait que le nombre de réfugiés atteindrait 1,1 million à la fin juin 2013, devrait revoir ses chiffres à la hausse.

Environ la moitié des réfugiés sont des enfants, la majorité d'entre eux sont âgés de moins de 11 ans. La plupart ont fui vers le Liban, la Jordanie, la Turquie, l'Iraq et l'Egypte. De plus en plus, les Syriens fuient également vers l'Afrique du Nord et l'Europe.

Sur le terrain, l’impact de ces flots de réfugiés sur les pays d’accueil est sévère.

La population du Liban a ainsi augmenté de 10%. En Jordanie, l'énergie, l'eau ainsi que les services de santé et d'éducation sont mis à rude épreuve. La Turquie a dépensé plus de 600 millions de dollars pour installer 17 camps d’accueil. L’Iraq, confronté à ses propres difficultés, a accueilli plus de 100.000 Syriens.

C'est pourquoi, le HCR en appelle aux donateurs pour soutenir massivement ces pays d'accueil. Des états qui doivent être salués pour leur engagement sans faille à garder leurs frontières ouvertes pour les réfugiés syriens dont la moitié sont des enfants âgés de moins de 11 ans. Des réfugiés souffrant de traumatisme, sans rien et ont parfois perdu des membres de leur famille.

En l'absence d'une solution politique au conflit, António Guterres a déclaré, « qu'au minimum, les acteurs humanitaires devraient recevoir les fonds nécessaires pour sauver des vies et alléger les souffrances. »

La crise syrienne aura commencé il y a deux ans d'ici une semaine. Le Haut Commissaire António Guterres se rendra dans la région en fin de cette semaine auprès des opérations du HCR en Turquie, en Jordanie et au Liban.

(Mise en perspective d'Alpha Diallo à Genève ; avec un extrait sonore d'Adrian Edwards, porte-parole du HCR)

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22/09/2014
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