Syrie: le Conseil des droits de l'homme prolonge d'un an le mandat de la commission d'enquête

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Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a adopté, ce vendredi à Genève, une résolution prolongeant d’un an le mandat de la Commission d’enquête des Nations unies sur la situation en Syrie. Le texte déposé par plusieurs pays arabes dont le Maroc et le Qatar, a été accepté par 41 voix pour, 1 contre et 5 abstentions (Equateur, Inde, Philippines, Ouganda et Kazakhstan). Seul le Venezuela s’est opposé au projet, estimant que ceux qui soutenaient la résolution souhaitaient un changement de régime en Syrie.

Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU justifie la prolongation du mandat de la Commission d'enquête sur la Syrie par la nécessité impérative de mener une investigation transparente sur toutes les violations présumées du droit international des droits de l’homme commises depuis mars 2011, y compris les massacres. Objectif pour l'équipe de Paulo Pinheiro, poursuivre les allégations de crimes de guerre dans le but d’en traduire en justice les responsables.

Concrètement, le Conseil demande à la Commission de poursuivre ses travaux et de présenter un rapport sur la situation des droits de l’homme en République arabe syrienne, dans le cadre d’un dialogue qui aura lieu durant les trois prochaines sessions du Conseil, en juin et septembre 2013 et mars 2014. Le Conseil décide de transmettre tous les rapports et mises à jour orales présentés par la Commission d’enquête à tous les organes compétents de l’Organisation des Nations Unies et au Secrétaire général pour la suite appropriée à donner.

Par les pays ayant soutenu ce projet, la Suisse qui a rappelé son appui au renvoi de la situation devant la Cour pénale internationale, comme l’ont demandé plusieurs instances des Nations Unies, à commencer par le Secrétaire général et la Haut Commissaire aux droits de l’homme. La Suisse est convaincue qu’une solution politique doit être trouvée et elle se félicite de l’appui apporté au médiateur M. Lakhdar Brahimi.

Quant à la Syrie, elle a dit sa honte de constater que des pays arabes s’apprêtent à voter en faveur de ce texte, alors que ces mêmes pays violent les droits de l’homme et condamnent leurs populations à l’ignorance et à l’obscurantisme, sans que le Conseil ne s’en émeuve. La Ligue des États arabes se rend complice de violations des droits de l’homme en Palestine et, maintenant, en Syrie. Damas a regretté la stérilité des textes adoptés par le Conseil depuis de nombreuses années. La Syrie a déploré l’absence de condamnation de la Turquie ou du Qatar, qui soutiennent des combattants d’Al-Qaida en leur livrant des armes. « Ce projet est stérile car il ne porte aucune attention aux victimes des terroristes », a conclu l’Ambassadeur de la Syrie auprès de l’ONU à Genève, Faysal Khabbaz Hamoui.

(Mise en perspective d'Alpha Diallo à Genève ; avec un extrait sonore d'Alexandre Fasel, Représentant permanent de la Suisse auprès de l'ONU à Genève)

 

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31/07/2014
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