République centrafricaine : tirs sporadiques et scènes de pillage sèment le chaos à Bangui

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Des soldats rebelles au nord-est de la RCA (photo d'archives : Equipe des partenaires du développement et de l’humanitaire en RCA).

Les organismes humanitaires présents à Bangui restent préoccupés par la situation sécuritaire dans la capitale centrafricaine où un couvre-feu a été instauré de 18 heures à 7 heures du matin.  Dans une interview téléphonique accordée à la Radio des Nations Unies, le Chef du Bureau de coordination des affaires humanitaires en République centrafricaine (RCA) décrit une situation toujours tendue avec des tirs sporadiques entendus ce lundi matin.

A Bangui, de nombreux pillages ont été rapportés à travers toute la ville. « Plusieurs bureaux de l’ONU ont été pillés ainsi que des résidences de certains membres du personnel des Nations unies », fait remarquer Amy Martin.

Ces scènes de pillage des rebelles mais aussi des populations locales n'épargnent pas les bâtiments institutionnels centrafricains et les locaux des organisations internationales. Selon la Chef d'OCHA, des rebelles auraient attaqué les bureaux de l'UNICEF, du Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés, de la FAO, de l'ONUSIDA, du PNUD ou du FNUAP.  « La situation est chaotique. Les gens pillent les biens, les maisons et même un hôpital pédiatrique », a-t-elle ajouté.

Dans ces conditions, les Nations Unies demandent à leur personnel de ne pas quitter le périmètre des locaux des Nations Unies à Ikavi. En outre, l'ONU devrait évacuer le « personnel non essentiel des Nations Unies et des organisations non gouvernementales vers Yaoundé, la capitale du Cameroun ».

La Chef d'OCHA rappelle que Bangui reste plongée dans le noir, faute d’électricité et d'eau depuis jeudi dernier. Et pour les humanitaires, l'urgence est «  de sauver des vies ». « Donc la priorité est de voir comment les ONG médicales comme la Croix Rouge peuvent être opérationnelles dans les hôpitaux » pour soigner les blessés et les malades. Il faut aussi venir en aide à toutes les personnes vulnérables », tranche Amy Martin.

Face à la situation de chaos, le Secrétaire général de l'ONU avait appelé hier « au calme et au respect de l’état de droit ». Ban ki Moon s'est dit « préoccupé par la situation humanitaire désastreuse » de la RCA et par les informations sur des pillages à Bangui, « y compris contre les biens des Nations unies ». Les Nations unies « rappellent aux autorités leurs obligations d’assurer la sécurité de tout le personnel des Nations Unies et de ses locaux ».

Le 12 mars dernier, OCHA indiquait que « plus de 1,5 million de personnes en République Centrafricaine, soit 34% de la population, étaient affectées par l'assaut des forces de Séléka lancé le 10 décembre 2012 ». « Nous redoutons que la situation s'empire avec les derniers développements», avertit Amy Martin.

(Interview : Amy Martin, Chef de Bureau d'OCHA à Bangui ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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26/11/2014
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