République centrafricaine: les réfugiés continuent de fuir les combats et l'insécurité

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Des déplacées fuyant les combats en République centrafricaine (Photo: HCR/ H. Caux)

Le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) s'inquiète de la reprise des combats au sud-est de la République Centrafricaine (RCA) où une faction de la rébellion de la Séléka s’est emparée lundi dernier de la ville de Bangassou. Apparemment les groupes rebelles ont entrepris une progression vers l’est, notamment dans les villes de Rafaï et de Zemio.

Ce nouveau regain de tension pousse des milliers de déplacés centrafricains mais aussi des réfugiés congolais à fuir les combats et l'insécurité.  Les travailleurs humanitaires présents dans la zone ont évacué Bangassou et ont été redéployés à Bangui, la capitale de la RCA.

La progression de la Séléka dans la région sud de Bangassou a ainsi bloqué l'accès des acteurs humanitaires dans le sud-est, affectant ainsi 300 000 personnes souffrant déjà depuis six ans des attaques de la LRA. Le HCR appelle donc le gouvernement et les rebelles Séléka à faciliter un meilleur accès pour le personnel humanitaire au bénéfice des populations vulnérables dans le besoin.

Selon le HCR, quelque 29 000 personnes ont passé la frontière congolaise et se sont refugiées dans la province de l'Equateur ou dans la province orientale. Près de 4.300 Centrafricains se sont également réfugiés au Tchad depuis le début de cette crise. Les humanitaires s’attendent à de nouveaux déplacements de centrafricains fuyant la région de Bangassou pour la RDC.

Cette reprise des hostilités intervient alors qu’une partie de la rébellion a dénoncé l’Accord de Libreville et signalé son refus de cantonner les troupes. Dans le même temps, les chefs de Séléka, signataires de cet accord, ont condamné la prise de Bangassou, mais semblent perdre le contrôle des éléments du mouvement opérant sur le terrain.

A la mi-décembre, les rebelles de la Séléka avaient pris les armes contre le régime du président François Bozizé, menaçant la capitale Bangui mais leur avance avait été stoppée par une intervention régionale. Un accord de paix a été signé, le 11 janvier à Libreville, au Gabon, débouchant sur la formation d’un gouvernement d’union nationale auquel participe la rébellion.

(Interview : Fatoutama Lejeune-Kaba, porte-parole du HCR ; Propos recueillis par Alpha Diallo)

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30/07/2014
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