République centrafricaine : la crise humanitaire s’aggrave

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Des soldats de l'armée de la RCA : depuis leur défaite et la prise du pouvoir par les rebelles de Séléka, la situation humanitaire s'est aggravée en Centrafrique (Photo : Brice Blondel / HDPTCAR)

La prise du pouvoir par les rebelles du Séléka en Centrafrique a aggravé la situation humanitaire, a déclaré jeudi le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), qui pointe un risque de pénurie alimentaire. « La crise en République centrafricaine, avec notamment la prise de pouvoir par la coalition Séléka le 24 mars, a aggravé une situation humanitaire déjà difficile » affirme l’OCHA dans un communiqué.

Les conséquences humanitaires de cette crise récente sont particulièrement inquiétantes dans le nord et le centre du pays. Dans ces régions, on estime que plus de 80 000 personnes risquent de se retrouver en situation de pénurie alimentaire pendant la prochaine saison creuse, pendant que 13 500 sont menacés de malnutrition aigüe sévère (MAS).

Selon les humanitaires onusiens, les écoles ne fonctionnent pas et plus de 166 000 enfants n'ont ainsi pas accès à l'éducation.

Autre motif d’inquiétude, l'insécurité régnante qui entrave les efforts humanitaires et l'acheminement de l'assistance et notamment de l'aide médicale. Beaucoup de personnes ont été blessées durant les derniers combats à Bangui et ont été amenés dans les hôpitaux environnants, mais les centre médicaux peinent à gérer l'arrivée massive de blessés et le manque d'électricité rend la prise en charge médicale extrêmement difficile. Les écoles de Bangui ont été fermées cette semaine.

« La protection des civils est primordiale, »  a insisté le Coordonnateur de l'action humanitaire par intérim, le Dr. Zakaria Maiga.  « J'appelle toutes les parties à assurer la sécurité pour les habitants de Bangui et partout dans le pays, de s'abstenir de toute nouvelle violence et de respecter le droit international humanitaire et les droits de l'homme. »

« Bangui a connu un pillage généralisé ces derniers jours et le personnel des centres médicaux doit absolument pouvoir distribuer des médicaments et prodiguer des soins à ceux qui ont été touchés par la violence, » a ajouté le Dr. Maiga. «Nous faisons tout notre possible pour intensifier les opérations humanitaires à travers le pays et pour cela nous avons besoin d’avoir accès en toute sécurité aux personnes dans le besoin.»

Depuis décembre 2012, environ 173 000 personnes ont été déplacées à l'intérieur du pays, alors que plus de 32 000 centrafricains ont fui en République démocratique du Congo, au Cameroun et au Tchad.

Le 18 mars, les Nations Unies et le gouvernement centrafricain ont demandé aux donateurs 129 millions de dollars américains pour financer l'appel humanitaire pour la République centrafricaine 2013. Une révision est en cours afin de refléter les besoins supplémentaires créés par la récente crise.

(Interview : Amy Martin, Chef de Bureau d'OCHA à Bangui ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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18/12/2014
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