Renforcer le pouvoir des femmes un raccourci pour lutter contre la faim, selon un expert de l'ONU

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(Photo : FAO/F. Naeem)

« Le partage du pouvoir avec les femmes est un outil indispensable de la lutte contre la faim et la malnutrition, c'est aussi la démarche la plus efficace pour la réalisation du droit à l'alimentation », a déclaré lundi 4 mars à Genève, Olivier de Schutter, le Rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à l'alimentation, en engageant les gouvernements du monde à adopter des stratégies de sécurité alimentaire qui répondent aux contraintes culturelles et redistribuent les rôles entre hommes et femmes.

« L'agriculture familiale s'est progressivement féminisée, à mesure que les hommes ont quitté l'exploitation agricole pour chercher du travail. Et pourtant, les femmes, qui portent de plus en plus leur exploitation et leur famille à bout de bras, se voient trop souvent refuser les appuis qui leur permettraient de prospérer et d'améliorer leur situation – que ce soit dans l’agriculture ou en dehors », a souligné de Schutter lors de la présentation de son rapport sur les droits des femmes et le droit à l'alimentation au Conseil des droits de l'homme des Nations Unies.

L'expert des Nations Unies a salué les initiatives visant à renforcer le pouvoir des femmes, comme la création de quotas pour les femmes dans les programmes de travaux publics en Inde, tout en mettant en garde contre la persistance des obstacles à la participation des femmes dans les activités qui les concernent.

« Les femmes ne tireront aucun profit des quotas de femmes dans les programmes de travaux si aucune disposition n'est prise en matière de services de garde d'enfants », a-t-il expliqué. « Les mesures individuelles ne suffiront pas – les rôles et les responsabilités de chaque sexe doivent être remis en question de manière globale et systématique. »

Olivier de Schutter a suggéré comme première mesure immédiate à mettre en œuvre la suppression de toutes les lois et pratiques discriminatoires qui empêchent les femmes d'avoir accès aux ressources agricoles telles que la terre, les intrants et le crédit.

Il a parallèlement appelé à soulager les femmes du poids des responsabilités domestiques en leur offrant des services publics adéquats tels que la garde d'enfants, l'eau courante et l'électricité. Des tâches comme aller chercher de l'eau et s'occuper des enfants et des personnes âgées peuvent représenter l'équivalent de 15 % du PIB dans les pays à revenu intermédiaire, et jusqu'à 35 % dans les pays à faible revenu.

(Interview : Olivier de Schutter, Rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à l'alimentation : propos recueillis par Alpha Diallo)

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28/11/2014
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