Nord-Kivu : la société civile appelle les deux factions du M23 à arrêter les combats

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Les rebelles du M23-Photo: Jonathan Lorillard – Monusco

La société civile du Nord-Kivu appelle les deux factions du M23 à mettre fin aux affrontements qui les opposent depuis le samedi 9 mars et aux violences contre les civils. Son porte-parole, Omar Kavota, a prévenu les responsables de cette rébellion « qu'à la suite de ces atrocités imposées aux victimes innocentes, la justice les attend ».

« Nous voudrions demander au M23 d'arrêter cette mascarade en simulant des affrontements inutiles qui font des victimes dans la population », a déclaré Omar Kavota, dimanche 10 mars. Le porte-parole de la société civile du Nord-Kivu a également appelé le Conseil de sécurité des Nations unies « à envoyer d'urgence cette brigade d'intervention devant traquer les forces négatives au Nord-Kivu pour qu'elle trouve le M23 dans cette flagrance ».

En présentant son rapport spécial sur la RDC et les Grands Lacs, le 5 mars dernier, le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, avait appelé le Conseil de sécurité à autoriser le déploiement d'une brigade internationale d'intervention en République démocratique du Congo (RDC). Cette brigade serait chargée de mener des « opérations offensives contre tous les groupes armés qui menacent la paix dans l'est » du pays, et de « fournir à la brigade l'appui politique nécessaire ».

Selon Omar Kavota, les derniers affrontements entre les deux factions du M23 ont fait au moins une dizaine de morts et neuf blessés côté civil. Mais il a dit craindre que les combats de dimanche n'aient alourdi ce bilan.

La reprise des combats entre les rebelles du M23 a obligé les transporteurs qui exploitent la route Goma-Rutshuru à interrompre le trafic.

Les opérateurs économiques de Goma craignent que cette situation n'ait de graves conséquences sur l'économie de la province.

« Il n'y a aucun véhicule qui peut quitter Goma pour Rutshuru. Tous les passagers sont à Goma dans nos parkings », raconte l'un d'eux qui dit attendre voir des véhicules venir de Rutshuru [zone occupée par les rebelles du M23] avant d'y envoyer ses camions. « Notre vie dépend de ce trafic », affirme-t-il.

Les affrontements entre les deux factions du Mouvement du 23 mars (M23) ont repris le samedi 9 mars sur les collines surplombant Rugari, localité située à plus de 30 kilomètres au Nord de Goma (Nord-Kivu).

Après plusieurs heures d'accalmie, les deux parties ont repris les combats le dimanche 10 mars dans la matinée vers le petit parc de Kibumba.

Chacune de deux forces revendiquent des victoires sur l'adversaire. Vianney Kazarama, porte-parole des hommes fidèles à Makenga, assure que les éléments de Bosco Ntanganda, l'autre faction, ont perdu certaines positions qu'il tenait jusque là.

De son côté, Seraphin Mirindi, porte-parole du groupe de Bosco Ntanganda qualifie ces allégations de « tapages inutiles » et affirme que son camp n'a perdu aucune de ses positions.

Les dissensions au sein du M23 sont apparues à la fin du mois de février. Deux camps s'opposent: celui de Sultani Makenga, chef militaire du M23 et Bosco Ntaganda, parrain de cette rébellion et ancien chef militaire de l'ex-rébellion du CNDP dont est issu le M23.

Le 28 février, Sultani Makenga a destitué Jean-Marie Runiga de ses fonctions de coordonnateur politique de ce mouvement rebelle et a nommé à sa place Bertrand Bisimwa. Le chef militaire du M23 a accusé notamment Jean-Marie Runiga de se rallier à Bosco Ntaganda.

( Extrait sonore: Omar Kavota, porte-parole de la société civile du Nord-Kivu; propos recueillis par Radio Okapi)

Classé sous L'info, Maintien de la paix.
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18/04/2014
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