Nigel Fisher : il faut régler l'impasse politique pour aller de l'avant en Haïti

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Nigel Fisher (Photo : ONU/Eskinder Debebe)

Le Représentant spécial par intérim du Secrétaire général pour Haïti, Nigel Fisher s'est dit « frappé » par le consensus de la trentaine d'États Membres qui se sont exprimés lors de la réunion du Conseil de sécurité, mercredi, demandant à ce que l'élite politique du pays parvienne à un accord sur la nécessité de tenir des élections cette année et adopte quelques lois clefs pour la poursuite des élections.

Selon lui, les difficultés pour organiser les élections « sont devenues un symbole » des difficultés et du manque de cohésion auxquels est confronté Haïti aujourd'hui.

Pour l'instant, l'ONU partage les expériences d'autres pays dans la poursuite de pactes politiques, a déclaré le chef par intérim de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation d'Haïti (MINUSTAH), après quoi elle se concentrera sur l'appui logistique et sécuritaire aux élections ainsi qu'à la formation du personnel de la Commission électorale. 

La législature a proposé trois noms récemment. Le Président Martelly a lui indiqué qu'il veut que la Commission soit formée avant Pâques, or, il ne reste qu'une semaine, a souligné Nigel Fisher.

Même si la Commission électorale est formée dans les prochaines semaines, a expliqué le chef de la MINUSTAH, il faudra au moins cinq ou six mois pour organiser le scrutin, y compris assurer la sécurité, la logistique et la distribution des cartes d'identité.

Le manque d'accord sur la composition de la Commission électorale entre le législatif, l'exécutif et le judicaire en Haïti a retardé de plus de seize mois la tenue des élections législatives et locales.

En conséquence, le Sénat siège actuellement avec seulement deux tiers de ses membres, car faute d'élections, un tiers des mandats est arrivé à expiration. De plus, un autre tiers des membres du Sénat verra bientôt son mandat arriver à son terme. Au plan local, 130 des 140 maires de communes censés d'après la constitution être élus ont été nommés par le Président, ce qui provoque des tensions politiques.

Dans une interview à la Radio de Nations Unies, Nigel Fisher revient également sur la consolidation des activités de la MINUSTAH, ainsi que sur la situation des camps de déplacés et l'épidémie de choléra dans ce pays insulaire des Caraïbes.

(Interview : Nigel Fisher, Représentant spécial par intérim du Secrétaire général des Nations Unies pour Haïti; propos recueillis par Cristina Silveiro)

Pour accéder à l'intégralité de l'interview, Écouter /
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26/12/2014
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