Lutte contre la sécheresse : instaurer des politiques nationales et renforcer la sécurité

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La réunion de l'ONU sur les politiques nationales de lutte contre la sécheresse s’est tenue à Genève, du 10 au 15 mars.  Cette conférence internationale a abouti à une Déclaration finale dont l'objectif est de mettre en place une politique nationale efficace en matière de lutte contre la sécheresse mais aussi d’établir un dispositif de sécurité pour les secours d'urgence, fondé sur une bonne gestion des ressources naturelles et sur l'entraide aux différents niveaux de gouvernance.

Pour le Secrétaire général de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), « nous ne pouvons éviter les sécheresses, mais nous avons l’expérience et les connaissances requises pour empêcher qu’elles ne débouchent sur des crises ou des famines. Selon Michel Jarraud, il nous appartient maintenant d’achever cette mutation qui consiste à passer de la gestion de crise à la résilience.

La rencontre de Genève était organisée par l’OMM, le Secrétariat de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification et  l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
L'un des enjeux de cette rencontre était d'examiner les conséquences de la variabilité du climat et des changements climatiques qui pourraient se traduire dans les années à venir par des températures toujours plus élevées, une évaporation encore plus forte et un bouleversement des régimes de précipitations. Celles-ci varient beaucoup selon les régions du monde, au même titre que les ressources en eau, mais les pays les plus exposés aux sécheresses les plus graves se trouvent dans les régions arides, dont l’étendue a augmenté de presque 2% par décennie depuis 1950.

Les populations les plus pauvres en Afrique et au Moyen-Orient sont particulièrement exposées. Les conséquences de la sécheresse peuvent perdurer longtemps après le retour des pluies: denrées alimentaires rares et chères, ressources en eau peu abondantes, sols érodés, bétail affaibli, et ce pendant des années.

C'est pourquoi l'OMM et ses partenaires soulignent l'urgence de briser ce cercle vicieux en cessant de miser uniquement sur des politiques de gestion de crise et en privilégiant désormais des stratégies de gestion des risques dont le but est de rendre la société véritablement résistante à la sécheresse. C’est là une tâche extrêmement complexe car la sécheresse ne concerne pas seulement la production agricole mais aussi les sources d’énergie, les transports, l’approvisionnement en eau des villes et la sylviculture, ce qui engendre une rude concurrence entre les différents utilisateurs des ressources foncières et hydriques.

L'OMM, la FAO et le Secrétariat de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification plaident ainsi pour l'adoption de politiques volontaristes d’anticipation des risques et stimuler la capacité d’adaptation de la société avant que ne frappe la prochaine sécheresse. Dans ce combat, les agriculteurs joueront toujours un rôle essentiel dans l’anticipation des sécheresses. Pour accroître la productivité de l’agriculture et la rendre moins vulnérable, ils peuvent notamment opter pour des variétés culturales résistantes à la sécheresse et des méthodes de gestion des sols propres à accroître leur fertilité sur le long terme.

(Interview: Michel Jarraud, Secrétaire général de l’Organisation météorologique mondiale; propos recueillis par Alpha Diallo)

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18/04/2014
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