Le nombre de déplacés a augmenté au Nord-Kivu après les derniers combats

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Des déplacés fuyant la cité de Rutshuru-centre après sa chute entre les mains des rebelles du M23, le 8 Juillet 2012. © MONUSCO/Sylvain Liechti

Les derniers affrontements entre miliciens et militaires congolais survenus dans certains territoires du Nord-Kivu, notamment Rutshuru et Walikale, ont provoqué de nouveaux déplacements de la population, portant à 810 000 le nombre de déplacés enregistrés dans cette province. C'est ce que révèle le rapport hebdomadaire du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (Ocha) publié mardi 19 mars.

Dans le territoire de Walikale, indique le rapport, de vives tensions survenues suite à l'arrestation d'un commandant Raïa Mutomboki par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont débouché sur des affrontements entre les deux groupes les 15 et 16 mars dans les localités de Nyamilingi et Lowa.

Ces combats ont provoqué le déplacement d'une partie de la population vers la brousse et sur l'axe sud de Walikale – Itebero. Cependant, note Ocha, des mouvements de retour ont été amorcés dès le 17 mars suite à une accalmie.

Le rapport d'Ocha indique également qu'au sud du territoire de Lubero, les organisations locales ont recensé 1 900 ménages à Taliha, Musuku, Muhirimbo, et Lunyasenge en provenance de différentes localités du territoire de Rutshuru. Depuis janvier 2013, rappelle le document, deux groupes Maï-Maï se disputent le contrôle de l'axe Kiwanja – Nyamilima, importante voie de commerce entre les territoires de Rutshuru et Lubero ainsi qu'avec l'Ouganda.

Par ailleurs, Ocha fait état des mouvements de retour progressif signalé par ses partenaires et ses sources locales depuis les zones de déplacements, notamment les localités de Rumangabo, Katale ainsi que Kanyaruchinya et Goma où près de 3 000 ménages avaient trouvé refuge dans des écoles et édifices publics.

Ce retour serait lié à la fin des combats dans la zone de Kibumba et Rugari, dans le territoire de Rutshuru. Ces affrontements ont poussé des milliers de personnes à fuir leurs habitations.

Les conflits armés récurrents dans la province du Nord-Kivu obligent des familles à fuir leurs habitations pour des localités plus sécurisées.

Le 12 mars dernier, le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku, a dit craindre une catastrophe humanitaire dans sa province principalement dans les territoires de Masisi, Rutshuru et Lubero, affirmant avoir enregistré plus d'un million de déplacés de guerre sans assistance depuis la fin de l'année dernière.

Il a invité la communauté internationale et le gouvernement congolais à plus d'engagement en faveur des déplacés dans sa province.

« Qu'il s'agisse de Masisi, de Rutshuru ou du sud de Lubero, nous enregistrons plus d'un million de déplacés et l'assistance humanitaire ne suit pas. Nous risquons d'assister à des milliers de morts dans les camps disséminés ça et là », avait-il affirmé.

(Mise en perspective: Bernandin Nyangi, Radio Okapi)

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