Journée internationale de la femme : « il est temps d'agir pour mettre fin à la violence contre les femmes »

Écouter /

A l'occasion de la Journée internationale de la femme, une cérémonie a été organisée au Siège de l'ONU à New York ce 8 mars, lancée par le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, le Représentant permanent de la France, l'Ambassadeur Gérard Arraud, et la Directrice exécutive d'ONU-Femmes, Michèle Bachelet.

Ban Ki-moon a renouvelé la promesse qu'il a lancée avec la campagne mondiale pour l’élimination de la violence contre les femmes UNITE au début de son mandat.

Selon lui, même s'il faut célébrer les progrès importants, c'est aussi le moment de constater les obstacles qui perdurent. Les femmes demeurent moins payées que les hommes, leur travail à la maison n'est pas reconnu, elles sont chosifiées, opprimées, mais plus choquant encore, elles font l'objet d'attaques et d'abus.

« Cette violence est le plus souvent commise par des maris, des pères, des collègues, bref des gens en qui ces femmes et filles devraient avoir confiance. Les agresseurs demeurent impunis et prêts à récidiver, alors que les femmes, elles, sont souvent traitées comme des criminelles quand elles tentent de dénoncer, » a déploré le Secrétaire général de l'ONU.

Mais pour Ban Ki-moon la violence n'est pas inévitable, car les mentalités peuvent changer. « Nous devons atteindre ces femmes et ces filles avant que la violence ne les atteigne », a-t-il déclaré.

Pour le Représentant permanent de la France auprès des Nations Unies, Gérard Araud, le droit des femmes est trop souvent nié, quelles que soient les sociétés, les cultures ou les religions.

Le diplomate français a affirmé que « près de 600.000 femmes sont victimes de violences domestiques dont près de 200.000 à caractère sexuel », avant d'ajouter que « le chemin donc reste long y compris dans un pays que l'on appelle industrialisé.»

« Face à ce constat, la France a décidé de renforcer son appareil législatif contre les violences : le délit de harcèlement sexuel a été confirmé et renforcé dans notre code pénal ; ensuite, notre dispositif contre les mariages forcés sera amélioré ; enfin, un nouveau délit, l'incitation à subir une mutilation génitale, sera reconnu », a-t-il expliqué.

Michèle Bachelet a fait valoir que, au cours des 20 dernières années beaucoup de progrès ont été accomplis. Aussi, « nous ne pouvons pas reculer; nous devons aller de l'avant », car l'on est à un moment clef de l'histoire.

« Jamais auparavant a-t-on témoigné d'une mobilisation mondiale de femmes d'hommes, de filles et de garçons s'élevant contre les violences faites aux femmes, ni d'une indignation du public aussi globale. Jamais auparavant avons-nous disposé des technologies qui permettent de signaler, en temps réel, les violences faites aux femmes, aux filles, » a signalé la cheffe de l'entité onusienne dédiée aux femmes.

Tous trois ont passé en revue les progrès accomplis au cours des dernières décennies, notamment des outils juridiques pour prévenir et poursuivre la violence contre les femmes au niveau régional et international, telle que les résolutions 1325, 1820 et 1889 du Conseil de sécurité, ou encore la Convention du Conseil de l'Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l'égard des femmes et la violence domestique.

(Mise en perspective : Cristina Silveiro avec ces extraits sonores de Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies ; de Gérard Araud, Représentant permanent de la France auprès des Nations Unies ; et de Michèle Bachelet, Directrice exécutive d'ONU-Femmes)

Le dernier journal
Le dernier journal
28/08/2014
Loading the player ...