HCR : la Thaïlande doit enquêter sur des tirs présumés sur des Rohingyas

Écouter /

Certains des réfugiés royingas risquent leur vie en haute mer dans ce genre de voies navigables dans l’Etat de Rakhine, au Myanmar (photo : HCR/V.Tan).

Le Haut-commissariat pour les réfugiés de l’ONU (HCR) demande à Bangkok d’enquêter sur des informations selon lesquelles des boat-people Rohingyas, qui fuient des violences communautaires au Myanmar, auraient été la cible de tirs des autorités. Le HCR « a demandé au gouvernement royal thaïlandais de vérifier les informations selon lesquelles un bateau Rohingyas avait été repoussé  et des coups de feu tirés » fin février dans la province de Phang Nga.

Les survivants et des pêcheurs locaux ont affirmé que deux corps avaient été repêchés, même s’il était difficile de déterminer si les victimes étaient mortes de noyade ou sous les coups de feu, ni si ces coups de feu les avaient visées ou non.

Le HCR s’inquiète sérieusement de savoir que des personnes qui fuient des violences pourraient avoir été refoulées et exposées à plus de détresse encore.

Des milliers de ces musulmans apatrides ont pris la mer ces derniers mois pour échapper aux violences entre bouddhistes et musulmans dans l’Etat Rakhine (ouest du Myanmar).

Le HCR estime qu’ils sont 7.000 depuis le début de l’année à avoir tenté de fuir en bateau.

Parmi les informations arrivant continuellement sur des bateaux refoulés en mer par certains pays, le HCR exhorte également les États de la région à garder leurs frontières ouvertes aux personnes ayant besoin d’une protection internationale et d’offrir une assistance et une protection jusqu’à ce que des solutions puissent leur être trouvées.

En parallèle, le HCR a plaidé auprès du Gouvernement du Myanmar pour qu’il gère d’urgence les causes profondes de l’exode. Les Rohingyas ne sont pas reconnus en tant que citoyens du Myanmar et ils font face à de nombreuses restrictions dans leur vie quotidienne dans l’État de Rakhine.

Les Rohingyas, des musulmans apatrides, constituent une minorité considérée par l’ONU comme l’une des plus persécutées de la planète. Ils sont 800.000 environ au Myanmar mais des centaines de milliers vivent en exil.

La violence dans l’ouest de l’État de Rakhine au Myanmar a éclaté en juin dernier entre les différentes communautés. Quelque 115 000 personnes, dont la majorité sont des Rohingyas – ont depuis été déracinées. La plupart sont toujours déplacées à l’intérieur de l’État de Rakhine, mais d’autres ont eu recours à des passeurs pour les aider à fuir leur pays.

(Extrait sonore: Fatoutama Lejeune-Kaba, porte-parole du HCR à Genève; propos recueillis par Alpha Diallo)

Le dernier journal
Le dernier journal
16/04/2014
Loading the player ...