Guinée Conakry : Navi Pillay préoccupée par les récentes violences

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Le Haut Commissariat aux droits de l'homme de l'ONU est très préoccupé par la détérioration de la situation en Guinée où au moins six personnes dont cinq civils et un policier sont mortes depuis mercredi à Conakry à la suite des heurts qui ont opposé des manifestants aux forces de l’ordre guinéennes.

Ce regain de tension dans un pays à l’histoire marquée par la violence politico-militaire depuis son indépendance en 1958, se produit à un peu plus de deux mois d’élections législatives maintes fois reportées, dont la préparation est contestée par l’opposition et qui sont prévues le 12 mai.

Outre ces morts, les services de Navi Pillay ont également recensé à la date du 4 mars, plus de 272 blessés. Selon Cécile Pouilly, porte-parole du Haut Commissariat, « il y a des morts et des blessés lors de manifestations et affrontements entre la police et les manifestants d'une part, mais aussi lors d'attaques entre les communautés peul et malinké à Conakry, la capitale guinéenne ».

Les affrontements avaient débuté le 27 février lors d’une marche de l’opposition qui avait mobilisé des milliers de personnes à Conakry. La marche a dégénéré en combats de rue entre forces de l’ordre et manifestants. Les heurts se sont poursuivis le lendemain, en marge d’une journée ville morte à l’appel de l’opposition, puis le surlendemain.

Des affrontements ont encore opposé lundi des forces de l’ordre et des individus qui tentaient de saccager et piller des boutiques, alors que tous les marchés de Conakry étaient fermés à l’appel de commerçants réclamant des dommages après avoir été victimes de pillages durant les violences précédentes.

Face à cette situation, le Haut Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme a appelé l'ensemble des acteurs politiques guinéens à faire preuve de retenue et à s'engager dans un processus de dialogue politique.

« Manifestement, il y aurait des frustrations par rapport au processus électoral. Mais il y a également des heurts intercommunautaires », conclut Cécile Pouilly.

Le Secrétaire général de l’ONU avait déjà appelé au calme vendredi dernier. Ban Ki-moon avait exhorté « les Guinéens à s’abstenir de tout acte susceptible de porter atteinte au processus pacifique et démocratique en cours dans le pays ». Il avait encouragé « tous les acteurs politiques à poursuivre la voie du dialogue afin de régler les questions en suspens liées au processus électoral et à créer les conditions pour la tenue d’élections législatives pacifiques et démocratiques ».

(Extrait sonore : Cécile Pouilly, porte-parole du Haut Commissariat aux droits de l'homme de l'ONU ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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23/04/2014
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