Genève : les footballeurs Vieira et Boateng à l’ONU contre le racisme

Écouter /

De gauche à droite: l’ancien footballeur Patrick Vieira; Navi Pillay, Chef des droits de l’homme de l’ONU; et Boateng, joueur du Milan AC (Photo: ONU/J.M.Ferré)

De célèbres footballeurs se sont engagés, jeudi à Genève, à lutter contre le racisme dans le sport. «Les auteurs d’actes racistes dans les stades doivent rendre des comptes», a déclaré l ex-capitaine de l’équipe de France de football, Patrick Vieira, lors d’un débat organisé au Palais des Nations à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale.

Dans cette courte interview avec la Radio des Nations Unies, Patrick Vieira rappelle les insultes racistes sont fréquentes. « Jai été moi-même victime du racisme quand je jouais en Italie lors de matches contre des équipes espagnoles. Ce sont des moments qui ont été très difficiles. Malheureusement, ce sont des choses que j'ai vécues », a-t-il ajouté.

Patrick Vieira a estimé que les sportifs doivent s’exprimer clairement contre le racisme. De simples amendes ne suffisent pas, a-t-il dit, en suggérant des retraits de points ou la relégation. « Il est important de dire les choses simplement. Le racisme est inacceptable. C'est un crime qui n'a aucune place sur un terrain de football ou  lors d'un événement sportif, quel qu'il soit. Bien que le racisme soit une mauvaise chose et que nous le condamnions, il perdure et continue à détruire notre humanité commune ».

Mais après ce panel organisé par le Haut Commissariat aux droits de l'homme, le natif de Dakar espère que des « décisions seront prises » par les décideurs et les responsables du football. « Après il faudra les appliquer. Il s'agit de prendre les bonnes décisions pour faire évoluer les mentalités dans le bon sens », fait remarquer l'ancien joueur d'Arsenal. Selon le franco-sénégalais, ce combat doit aller au délà de la seule sphère du football, mais un sujet à aborder et à combattre dans la société en général.

L'autre vedette du jour était le joueur ghanéen et pensionnaire du Milan AC, Kevin-Prince Boateng qui a souligné que «le racisme est bien réel et existe ici et maintenant». «Le gros problème avec le racisme est qu’il n’y a pas de vaccin contre lui. Il n’y a pas d’antibiotiques. C’est un virus très dangereux et contagieux, renforcé par notre indifférence et l’inaction», a dit Kevin-Prince Boateng, célèbre pour avoir interrompu un match le 3 janvier à Bursto Arsizio (Italie) à la suite d’insultes racistes de la foule. Il a souligné que les stars du sport ont une responsabilité spéciale. «Je suis convaincu que nous faisons une erreur fatale si nous croyons combattre le racisme en l’ignorant et en pensant qu’il peut s’en aller comme un mal de tête». «Nous devons agir à chaque fois que nous y sommes confrontés», a affirmé Kevin-Prince Boateng.

De son côté, la Haut Commissaire aux droits de l’homme Navi Pillay a souligné qu’il y a encore un long chemin à parcourir pour éliminer les manifestations de racisme lors des événements sportifs, partout dans le monde. «Le moment est venu d’exclure le sectarisme du monde du football», a insisté la Chef des droits de l'homme de l'ONU.

(Extrait sonore : Patrick Vieira, ancien capitaine de l'équipe de France de football ; propos recueillis par Alpha Diallo)

Le dernier journal
Le dernier journal
22/07/2014
Loading the player ...