Corée du nord : le Rapporteur spécial dénonce des crimes contre l'humanité

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Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève (photo: ONU/J.M. Ferré)

Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a examiné, ce lundi à Genève, la situation des droits de l'homme en République populaire démocratique de Corée  (RPDC). A cette occasion, le Rapporteur spécial, Marzuki Darusman, a estimé que les violations des droits humains identifiées dans son rapport s'apparentent à des crimes contre l'humanité, commis dans le cadre d'une campagne systématique et généralisée contre la population civile, selon les critères des Statuts de Rome instituant la Cour pénale internationale.

C'est pourquoi, la France plaide pour la création d'une Commission d'enquête sur les violations des droits humains en RPDC.

Paris a renouvelé ses appels précédents à la Corée du Nord, estimant plus urgent que jamais pour les autorités de réformer en profondeur la justice et le système carcéral afin de punir le recours à la torture. Il s'agit aussi, selon la France, de mettre en conformité les lois coréennes, le code pénal en particulier, avec le droit international relatif aux droits de l'homme. La France exhorte la Corée du Nord à libérer sans délai les prisonniers politiques et les membres de leurs familles.

Au début des travaux, le Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme en République populaire démocratique de Corée, a présenté une analyse détaillée de son rapport qui distingue plusieurs grandes catégories de violations : violation du droit à l'alimentation ; actes de torture ; détention arbitraire ; violations des droits de l’homme dans les camps de prisonniers ; discrimination ; violation de la liberté d'expression, du droit à la vie et de la liberté de mouvements ; ainsi que disparitions forcées.

L'impunité qui règne en République populaire démocratique de Corée est aggravée par le fait que ses autorités ne coopèrent pas avec les mécanismes des Nations Unies. Le représentant permanent de la République populaire démocratique de Corée à Genève a ainsi envoyé récemment une lettre au Président du Conseil des droits de l’homme, dans laquelle il rejette l'existence d'un Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme dans son pays. Selon Marzuki Darusman, la communauté internationale a la responsabilité de lancer une enquête indépendante et impartiale, étant donné que le Gouvernement de la République populaire démocratique de Corée ne remplit pas ses obligations à cet égard.

Mais la République populaire démocratique de Corée (RPDC) a rejeté ce rapport, estimant qu'il est un exemple d'informations falsifiées, fabriquées et inventées par des forces hostiles, par des transfuges et autres rebuts de la société. La RPDC ne reconnaît ni n'accepte la « résolution » la concernant, ni le mandat du Rapporteur spécial.

(Extrait sonore : Nicolas Niemtchinow, Représentant permanent de la France auprès de l'ONU-Genève)

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01/08/2014
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