Conseil des droits de l'homme : Navi Pillay juge « inacceptable » que 300 enfants meurent chaque heure de malnutrition

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De jeunes filles à Mopti au Mali lors d’une distribution de vivres du Programme alimentaire mondial: plus de 300 enfants meurent chaque heure de malnutrition dans le monde (Photo: PAM / J. Howard).

Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a tenu, ce jeudi à Genève, son débat annuel sur le droit des enfants. Une occasion pour la Haut Commissaire aux droits de l’homme de juger « inacceptable » le fait que 300 enfants meurent chaque heure de malnutrition dans le monde. Navi Pillay demande à la communauté des Etats de se pencher sur le problème de l'application du droit des enfants, sans oublier le sort des enfants des rues, ceux dans les hôpitaux ou se trouvant dans des situations d'extrême pauvreté.

 

Selon la Chef des droits de l'homme de l'ONU, plus de 6,9 millions d'enfants meurent dans le monde avant l'âge de cinq ans. Un risque 18 fois plus élevé dans les pays en développement. Cela a le don d'irriter Navi Pillay, qui juge cette situation inacceptable et en appelle aux Etats qui doivent surtout se pencher sur le sort des enfants vulnérable, notamment ceux vivant dans les rues ou se trouvant dans des situations d'extrême pauvreté.

En écho, Tama, jeune Haïtienne de 16 ans, évoque son quotidien à Pignon dans le département du Nord. Elle signale trois obstacles majeurs qui empêchant de jouir pleinement du droit à la santé. A savoir l'absence de continuité de l'Etat en raison l'instabilité gouvernementale, la difficulté d'accès aux soins de santé et les problèmes économiques. Un chemin semé d'embûches surtout lorsque les enfants sont souvent soumis à des violences.

Najat Maalla M'jid, Rapporteuse spéciale sur la vente d'enfants, a ainsi souligné que les violences sexuelles constituaient la plus grave atteinte du droit à la santé : maladies urogénitales, avortements clandestins, sans parler des troubles du comportement.

De son côté, Jonas, jeune bolivien, qui s'occupe d'un réseau d'adolescents dans la localité de Monte Agudo, a souligné que sans accès aux soins de santé, on ne pouvait accomplir aucune des tâches qui attendent les jeunes en tant qu'être humain. Des décès pourraient être évités, en particulier dans les milieux autochtones en pesant sur les coûts prohibitifs des établissements de santé et des traitements.

Au final, tout le monde s'accorde sur le fait que la nécessité de réaliser le droit à la santé des enfants est tout à fait à la portée de la communauté des nations.

(Mise en perspective d'Alpha Diallo ; avec un extrait sonore de Najat Maalla M'jid, Rapporteuse spéciale sur la vente d'enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants ; et Tama, jeune Haïtienne de 16 ans)

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28/08/2014
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