Conseil des droits de l'homme : le Sri Lanka appelé à enquêter sur les exactions et à favoriser la réconciliation

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Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a adopté ce jeudi à Genève, une nouvelle résolution, à la demande de Washington, exhortant le Sri Lanka à enquêter sur les allégations d’exactions commises durant le conflit ethnique sri lankais en 2009. La résolution pour « favoriser la réconciliation et l’établissement des responsabilités au Sri Lanka », présentée par les Etats-Unis, a été adoptée par 25 voix pour, 13 contre et 8 absentions. Dans ces recommandations, figure notamment la création d'un mécanisme de recherche de la vérité faisant partie intégrante d'une approche plus globale et inclusive de la justice transitionnelle.

Le Conseil demande au Gouvernement sri-lankais de mener une enquête indépendante et crédible sur les violations présumées du droit international des droits de l'homme et du droit international humanitaire. Il encourage Colombo d'honorer ses obligations légales et engagements notamment concernant les initiatives crédibles et indépendantes pour garantir la justice, l'équité, l'établissement des responsabilités et la réconciliation pour tous les Sri-lankais.

Parmi les pays ayant voté en faveur de cette résolution, la Suisse qui a affirmé sa préoccupation quant à l'établissement des responsabilités et au processus de réconciliation à Sri Lanka. Berne se félicite de la réaffirmation du rôle des titulaires de mandat. Pour la Suisse, il s'agit d'une résolution « importante et constructive ».

Présentant le projet de résolution intitulé « Favoriser la réconciliation et l'établissement des responsabilités à Sri Lanka » les États-Unis ont appelé les autorités de ce pays à prendre des mesures pour instaurer une paix durable après 27 années de conflit. Le projet de résolution reconnaît les accomplissements et souligne les défis qui restent à relever, notamment en matière de droits de l’homme et d'état de droit.

Le Sri Lanka a jugé le projet de résolution « inacceptable » en raison, notamment, de son caractère intrusif. Le paragraphe sur les progrès accomplis ignore toutes les mesures positives prises par le Gouvernement, en particulier la réhabilitation de près de 12 000 anciens combattants, dont 594 enfants soldats, ou encore les avancées économiques et politiques dans le Nord du pays. Le projet met l'accent sur des allégations non avérées et sur lesquelles Sri Lanka a déjà répondu dans le cadre de l'Examen périodique universel, a ajouté le représentant.

Le représentant a également dénoncé une attention incompréhensible sur son pays, alors qu'il y a de nombreuses violations des droits de l’homme ailleurs dans le monde. Si la politisation et la création de processus parallèles perduraient, le Conseil subirait le même sort que la défunte Commission des droits de l’homme, a prévenu la délégation.

Les pays ayant voté contre cette résolution sont : Congo, Equateur, Indonésie, Koweït,  Mauritanie, Pakistan, Philippines, Maldives, Thaïlande, Ouganda, Emirats arabes unis, Qatar et Venezuela.

En avril 2011, l’ONU a publié un rapport accablant sur le Sri Lanka où pourraient avoir été commis des crimes de guerre en 2009 contre les civils. Pour sa part, la Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Navi Pillay, a demandé une enquête internationale sur ces violations.

(Extrait sonore : Alexandre Fasel, Représentant permanent de la Suisse auprès de l’ONU-Genève)

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20/10/2014
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