Conseil des droits de l'homme : le Haut Commissariat rappelle à la Guinée de lutter contre l'impunité

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Le Conseil des droits de l'homme a été saisi, mercredi matin, du rapport de la Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme sur la situation en Guinée. La Haut Commissaire adjointe a jugé essentielle la réforme des secteurs de la justice et de la sécurité pour lutter contre l'impunité. Mais Kyung-wha Kang est surtout revenue sur les récentes violences communautaires entre Peuhls et Malinkés. Elle appelle les autorités de Conakry à faire toute la lumière sur ces faits et à punir les auteurs de ces actes.

Selon Kyung-wha Kang, Conakry n'a reçu aucune visite de Rapporteurs spéciaux malgré plusieurs demandes d'experts indépendants dont celle du Rapporteur spécial sur la promotion de la vérité et de la justice.

Par ailleurs, depuis la rédaction du rapport, les services de Navi Pillay se sont inquiétés de l’ampleur des violences qui ont éclaté entre manifestants et forces de sécurité lors d'une marche de l'opposition le 27 Février dernier. « La manifestation a été suivie d’affrontements intercommunautaires entre Peulhs et Malinkés », a indiqué Kyung-wha Kang.

Le Haut Commissariat condamne fermement l'usage disproportionné de la force par les services de sécurité mais aussi le fait que des civils ou leurs biens soient pris pour cible sur la base de leur appartenance ethnique. Kyung-wha Kang appelle les autorités guinéennes à protéger les civils et veiller à ce que les auteurs des violations des droits humains rendent des comptes.

Au sujet « des progrès certes lents, mais encourageants », le Haut Commissariat rappelle que la Guinée a ainsi créé un Ministère des droits de l’homme et des libertés publiques. Un pool de juges est chargé d'enquêter sur les événements de septembre 2009. Le procureur a émis des actes d'accusation pour les violations des droits de l’homme survenues entre 2007 et 2009.

Au titre de pays concerné, le Ministre des droits de l'homme et des libertés publiques de la Guinée, a rappelé le lancement de la phase préparatoire du processus de réconciliation nationale. Le Gouvernement guinéen est pleinement conscient des défis considérables et fondamentaux qui lui restent à relever. « La Guinée est dans un processus de démocratisation, donc d'apprentissage démocratique », a reconnu Kalifa Gassama Diaby.

(Extrait sonore : Kyung-wha Kang, Haut Commissaire adjointe aux droits de l’homme)

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25/07/2014
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