République centrafricaine : une mission du HCR constate pillages et des villages déserts au Nord

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Des enfants déplacés par la violence en République centrafricaine sont scolarisés dans une classe en plein-air dans un camp l’année dernière. Au Nord, certains villages sont dépeuplés (Photo: UNHCR//D.Mbaiorem)

Selon les organisations d'aide humanitaire, malgré un retour au calme relatif depuis l'accord de paix du 11 janvier, la situation humanitaire demeure toujours préoccupante. Le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) et l'organisation non gouvernementale Mercy Corps ont conduit la semaine dernière une mission d'évaluation à Bambari, localité située à 400 km au nord-est de Bangui, la capitale centrafricaine.  La mission a constaté que la plupart des villes et villages autour de Bambari sont désertés par les populations qui se sont majoritairement réfugiées dans la brousse.

Le HCR note qu'il y a quelques résidents qui sont restés mais ces derniers rapportent une situation très « pénible » du fait de la présence de groupes armés qui font généralement irruption dans les maisons à la recherche de vivres, d'argent et de carburant.

Lors de cette mission d'évaluation, le HCR a reçu plusieurs témoignages d'exactions sur les populations civiles. Les équipes du HCR ont ainsi pu rencontrer un chef de village qui avait été frappé le 3 février dernier par des rebelles avec des fils électriques. Ces bourreaux voulaient juste savoir où les populations cachaient leurs biens et tout produit susceptible d'être pillé.

Le HCR n'a pas déterminé l'identité de ces groupes armés dans la mesure où « dans le Nord de la République centrafricaine, outre les rebelles de Séléka, il y a d'autres groupes armés qui opèrent dans la zone ». Toutefois le HCR rappelle que les zones visitées lors de cette mission d'évaluation sont effectivement contrôlées par les rebelles de Séléka, « mais cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'autres groupes armés qui sévissent dans cette zone ». « Malheureusement, la Centrafrique a une dizaine de groupes rebelles », fait-on remarquer.

Malgré la signature de l'accord de paix signée le 11 janvier dernier entre rebelles et le pouvoir à Bangui, les humanitaires n'ont pas noté une réelle amélioration sur le terrain. « Pour le moment, on ne peut pas dire que la situation s'est nettement améliorée puisque jusque là, les humanitaires sont toujours obligés de travailler sous escorte », a ajouté Fatoumata Lejeune-Kaba. La porte-parole du HCR rappelle que la situation demeure préoccupante et c'est pourquoi le HCR lance un appel au Gouvernement et aux différents groupes armés de faciliter l'accès des humanitaires

Les organismes humanitaires ne sont pas épargnés par ces pillages. Pratiquement, toutes les agences humanitaires des Nations Unies ont eu à un moment donné vu leurs bureaux saccagés et l'aide humanitaire stockée dans certaines villes pillée. Le HCR évalue à plus de 316.000 dollars américains les dommages et pillages subis à Kaga Bandoro et Bambari.

Le HCR estime à 80.000 le nombre de personnes déplacées en République centrafricaine et 17.000 réfugiés majoritairement originaires du Soudan.

(Interview : Fatoumata Lejeune-Kaba, porte-parole du HCR à Genève ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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24/07/2014
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