République centrafricaine : situation humanitaire inquiétante en zone Séléka

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Des enfants déplacés par la violence en République centrafricaine sont scolarisés dans une classe en plein-air dans un camp l’année dernière. Au Nord, certains villages sont dépeuplés (Photo: UNHCR//D.Mbaiorem)

En République centrafricaine (RCA), la situation humanitaire reste inquiétante et l’accès aux zones touchées en raison de l’insécurité est une préoccupation majeure pour les acteurs humanitaires. Des résultats préliminaires de missions d’évaluation en cours dans l'Est montrent que la protection, la nutrition, l’alimentation, l’éducation et l'eau sont les principaux besoins.

La crise actuelle a un impact négatif sur la situation de la sécurité alimentaire du pays. Les échanges commerciaux sont interrompus entre la zone Séléka et Bangui. Selon les premiers résultats d’une évaluation conjointe rapide sur l’impact de la crise sur la sécurité alimentaire, la campagne agricole 2103 est incertaine en raison notamment de la montée de l’insécurité qui empêche les populations de cultiver leur terre et du fait que les stocks agricoles ont été volés. L'accès aux semences et outils nécessaires est incertain pour les familles de paysans.

La situation sécuritaire actuelle empêche la fourniture d’une assistance adéquate aux personnes vulnérables. L'accès au sud-est du pays reste encore difficile en raison des restrictions appliquées aux convois humanitaires et de l'état des routes. Les humanitaires avec l’appui de l”OCHA RCA négocient actuellement un accès sécurisé, en particulier dans la partie est du pays.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) estime que plus de 80 000 personnes dans la zone Séléka seront en situation d’insécurité alimentaire pendant la période de soudure.  De plus, lafermeture des écoles dans la zone Séléka laisse 166 000 enfants sans accès à l'éducation

Le PAM a envoyé de l’ assistance alimentaire à travers ses programmes d'urgence et de développement pour février 2013. L’organisation assistera 96 000 personnes à Bambari, Kaga-Bandoro, Paoua, Bouar et Bangui dans le cadre de son programme de secours continu et de redressement. L’aide alimentaire va couvrir 1 300 personnes déplacées à Bambari et 10 000 personnes déplacées à Kaga-Bandoro pour une période de deux mois.

Le PAM a également fourni 80 tonnes de vivres aux écoles et jardins d’enfants dans les régions de Mbaki, Batalimo, Mongoumba, Boganda et Boganagon dans le cadre du programme des cantines scolaires. Le Programme prévoit de distribuer 81 tonnes de vivres pour aider 20 679 enfants à Bangu, par le biais des cantines scolaires pendant trois mois,  et 224 tonnes de vivres pour aider 73 055 enfants à Bambari, Kago-Bandoro, Paoua et Bouar à travers les cantines scolaires pendant deux mois.

(Interview : Elisabeth Byrs, porte-parole du PAM à Genève ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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20/10/2014
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