Mali : les réfugiés continuent de fuir alors que des déplacés espèrent rentrer chez eux

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Avec l'évolution de la situation militaire et la reconquête des villes du Nord Mali par les forces françaises, plusieurs déplacés souhaitent rentrer chez eux. Selon le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), des personnes déplacées internes de Bamako espèrent retourner à Gao, Tombouctou et Kidal, des villes qui étaient sous le contrôle des groupes rebelles.

Le mouvement des retours spontanés a déjà commencé dans certaines régions. Dans la ville de Konna au centre du Mali par exemple, une mission des Nations Unies pour l’évaluation de la sécurité avait confirmé la semaine dernière que des personnes rentraient chez elles.

Toutefois, certains déplacés et réfugiés préfèrent encore attendre avant de rentrer dans les villes septentrionales maliennes, histoire de voir comment évoluera la situation sécuritaire. « C'est vrai que les villes principales ont été libérées, mais cela ne veut pas dire que toutes les régions du Nord Mali sont entièrement sécurisées », fait remarquer Fatoumata Lejeune-Kaba, porte-parole du HCR.

D'autre part, certains craignent d'être pris pour cible du fait de leur appartenance aux communautés touaregs et arabes. Ces dernières seraient prises à partie par d’autres groupes pour avoir soutenu la rébellion séparatiste.

De façon générale, les humanitaires rappellent que la situation reste très précaire dans le Nord. Dans ces conditions, l'accès n'est pas encore facile dans la mesure où les bus qui font la liaison entre Bamako et le Nord du Mali ne fonctionnent pas encore. « Les bus s'arrêtent à Mopti alors que les services réguliers vers Douentza, Gao et Tombouctou n'ont pas encore commencé », souligne Fatoumata Lejeune-Kaba.

Outre l'éventuelle présence de combattants des groupes armés jihadistes, le HCR redoute la présence de mines et d'autres types d'explosifs qui peuvent se retrouver dans certaines zones de combats.

Depuis le début de la crise il y a un an, près de 380 000 personnes ont fui le Nord-Mali. Parmi elles, il y a 230 000 personnes déplacées dans le pays et plus de 150 000 réfugiés en Mauritanie, au Niger, au Burkina Faso et en Algérie.

(Extrait sonore : Fatoumata Lejeune-Kaba, porte-parole du HCR ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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18/04/2014
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