Conférence du désarmement : inquiétudes après la déclaration de Pyongyang menaçant la Corée du Sud de « destruction »

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Des travaux de la Conférence du désarmement à Genève (Photo: ONU/ J. M. Ferré)

Plusieurs délégations ont jugé les déclarations de la Corée du Nord appelant à la disparition de la Corée du Nord « troublantes et inappropriées ». Ces États entendaient ainsi exprimer leurs inquiétudes après l’essai nucléaire effectué, le 12 février dernier, par la République populaire démocratique de Corée (RPDC).

Mais Pyongyang a assuré que ses essais nucléaires sont des mesures de «légitime défense contre le chantage nucléaire exercé par les États-Unis» et contre le bras de fer militaire engagé par ce pays et ses partisans, qui ont pour objectif de bloquer son développement économique.

La Corée du Nord a par la suite déclaré que «le comportement erratique de la Corée du Sud est annonciateur de sa destruction définitive».  Jon Yong Ryong a indiqué n’avoir jamais reconnu la résolution du Conseil de sécurité relative aux sanctions contre elle.

Plusieurs délégations se sont inquiétées des propos de la RPDC, estimant notamment que «les menaces contre d’autres États Membres dépassent les bornes de l’acceptable». C'est le cas de la France qui trouve que certaines paroles ne devraient pas être dites dans cette enceinte, en particulier la non-reconnaissance des résolutions du Conseil de sécurité par un État Membre de l’Organisation des Nations Unies.  « Les menaces contre d’autres États Membres dépassent, quant à elles, les bornes de l’acceptable », a souligné Jean-Hugues Simon-Michel, Ambassadeur, Représentant permanent de la France auprès de la Conférence du désarmement.

L’Espagne s’est, à son tour, dite stupéfaite des propos du représentant de la République populaire démocratique de Corée, des propos qu’il n’a jamais entendus en trente ans de carrière: la menace publique de recourir à la force contre un autre État Membre, explicitement interdite par le droit international. De son côté, le Royaume-Uni a regretté la mauvaise tournure que prend le débat de ce jour, notamment la mention de destruction éventuelle d’États Membres.

De son côté, la République de Corée a rappelé que les résolutions du Conseil de sécurité ont été adoptées au titre du chapitre 7 de la Charte, et qu’elles ont donc force de loi.  La République populaire démocratique de Corée devrait consacrer ses ressources au bien-être de sa population.

(Extrait sonore : Jean-Hugues Simon-Michel, Ambassadeur, Représentant permanent de la France auprès de la Conférence du désarmement)

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20/10/2014
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