Cancer : un pays sur deux n'est pas prêt à prévenir et prendre en charge la maladie, selon l'OMS

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Commémoration de la Journée mondiale de lutte contre le cancer au Centre de l’AIEA à Vienne (Photo :AIEA)

Plus de la moitié des pays du monde ont du mal à prévenir les cancers et à dispenser un traitement et des soins chroniques aux malades atteints d'un cancer, selon une enquête menée par l'OMS pour la Journée mondiale contre le cancer. Aujourd'hui, cela se traduit par l'absence, dans de nombreux pays, de plan fonctionnel de lutte contre le cancer qui englobe la prévention, la détection précoce, le traitement et les soins. Il est urgent d'aider les pays à réduire la mortalité associée au cancer et d'apporter un traitement et des soins appropriés sur le long terme pour éviter la souffrance et sauvegarder en même temps le développement socio-économique.

Le cancer est l'une des causes majeures de décès dans le monde. 7,6 millions de personnes sont décédées d'un cancer dans le monde en 2008 et l'on diagnostique chaque année près de 13 millions de nouveaux cas de cette maladie. Déjà, plus des deux tiers de ces nouveaux cas et de ces décès surviennent dans les pays en développement, là où l’incidence du cancer augmente à une vitesse alarmante. La recherche montre que, actuellement, un tiers de tous les décès par cancer sont imputables à des facteurs de risque évitables comme le tabagisme, l’obésité, l’usage nocif de l’alcool et diverses infections. De nombreux types de cancer comme le cancer du sein, le cancer du col utérin et le cancer colorectal, s’il sont décelés tôt, peuvent être guéris.

"Nulle part au monde le cancer ne doit plus être une condamnation à mort, car nous disposons de moyens éprouvés pour prévenir et guérir un grand nombre de ces cancers", explique le Dr Oleg Chestnov, Sous-Directeur général chargé des maladies non transmissibles et de la santé mentale à l'OMS. "Pour limiter l’exposition aux facteurs de risque de cancer et faire en sorte que toutes les personnes vivant avec le cancer aient accès aux soins et aux traitements appropriés, il convient de mettre en place dans tous les pays des programmes complets de lutte contre le cancer".

La récente enquête menée sur les capacités nationales de lutte contre les maladies non transmissibles, qui a rassemblé les réponses de 185 pays, a mis au jour d’importantes lacunes dans la planification de la lutte et des services contre le cancer. Même si certains pays ont élaboré des plans ou des politiques ciblant le cancer, nombre d'entre eux ont du mal à passer de l’engagement à l’action. Souvent, ces plans ne sont pas intégrés aux plans sanitaires et développementaux plus globaux au niveau national. En plus, de nombreux pays ne disposent pas des capacités institutionnelles ni du leadership décisif qui assureraient un financement suffisant de la lutte contre le cancer au niveau national. Seuls 17% des pays africains et 27% des pays à faible revenu ont des plans de lutte contre le cancer dotés d'un budget pour assurer sa mise en oeuvre.

En outre, moins de 50 % des pays disposent de registres du cancer dans la population. Ces registres sont essentiels pour rassembler des informations de qualité sur le nombre et le type des cancers, permettant ainsi de mettre au point des politiques nationales efficaces de lutte contre le cancer, de les mettre en oeuvre puis de les évaluer.

(Interview : Docteur Andreas Ullrich de l’OMS; propos recueillis par Alpha Diallo)

Classé sous L'info, Santé.
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21/11/2014
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